Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 16:51

Bon alors, voyons voir... Nous sommes toujours à Lhassa, à près de 4000 m d'altitude, à la veille de partir pour Pékin en train. Nous avons beau insister auprès de notre guide-accompagnatrice-surveillante pour avoir les billets de train (que l'agence nous doit), elle n'est toujours pas en mesure de nous les donner. Je vous les emmène en fin d'après-midi nous dit-elle, et je vous préciserai à ce moment-là à quelle heure vous arriverez à Pékin (important, pour prévenir Sabine, à qui nous avons loué un appartement, à Pékin (vous suivez toujours...)). Yanki (notre guide-accompagnatrice-surveillante) nous rejoint plus tôt que prévu à l'hôtel. Mauvaise nouvelle, il n'y a plus de places en « soft sleeper » dans le train de demain. 2 solutions nous sont proposées : décaler le départ pour Pékin d'un jour, ou partir en « hard sleeper ». On choisit cette dernière solution, parce qu'on veut quand même avoir le temps de visiter la capitale chinoise. L'agence nous rembourse la différence entre soft et hard. Dans le même temps, on nous annonce que le départ du train est à 13h45 et que le trajet dure 46 heures (les matheux calculeront l'heure d'arrivée (important pour la suite de l'article)).

Evidemment, 46 heures en hard-sleeper, comprenez sur une banquette en bois, font frémir d'avance nos lombaires qui lancent un préavis de grève. Le préavis sera levé après avoir acheté des matelas auto-gonflants extra-plats et nous être solennellement engagés à ce que ce que ce soit là le dernier voyage inconfortable de notre aventure.

Nous nous retrouvons donc à la gare de Lhassa, le jour dit, à l'heure dite. Le style de la gare de Lhassa pourrait être qualifié de néo-stalinien, tant elle semble sur-dimensionnée par rapport à l'utilisation actuelle.

110603 (2)

Nous passons les formalités sans soucis, presque sans contrôle (visiblement, les autorités ne sont pas fâchées de voir partir les étrangers, alors que les Tibétains sont rigoureusement contrôlés). Nous rencontrons un groupe de français qui pleurent en quittant leur guide-accompagnatrice-surveillante, puis nous montons dans ce train mythique, connu comme étant le plus haut du monde. Nous nous apprêtons à parcourir plus de 4 000 km, avec les 1 000 premiers kilomètres à 4 500 m d'altitude moyenne. J'ai une petite pensée pour mon camarade Dubourdieu, retraité de la SNCF, passionné des trains du monde et qui j'en suis sûr, aurait adoré être à notre place.

110603

Nous avons la bonne surprise de constater que les couchettes hard ne sont pas si hard que cela (un peu comme les films de Marc Dorcell) et que finalement les matelas que nous avons achetés sont inutiles (avis aux campeurs, si vous avez besoin de matelas extra-pas-encombrants-gonflables-top-quality-jamais-servis-avec-oreillers-gonflables-et-pas-chers, faites-nous signe). L'autre bonne surprise, c'est que nous sommes 5 dans le compartiment et que le sixième lit est vide. Il trouvera un locataire au milieu de la nuit à la faveur d'un arrêt a Golmud. Nous essayons de communiquer avec nos voisins de compartiment, mais la barrière de la langue est une nouvelle fois très difficile à franchir. Paul, qui a encore beaucoup de succès, se fait offrir des pattes de poulet pour le gouter, et … une espèce de cassoulet en boite pour le petit déjeuner.

Les paysages que nous traversons sont remarquables. Comme nous filons plein Nord dans la première partie du trajet, la neige fait son apparition sous des latitudes moins tropicales. Le second jour, nous passons à la lisière du désert de Gobi et apercevons les premières dunes de sable. Malheureusement, les fenêtres ne s'ouvrant pas, je n'ai pas de photos (juste quelques films, mais il faudra venir les voir à la maison). Nous traversons aussi quelques villes, mais n'ayant pas de carte, je serais bien incapable de dire où nous sommes passés. Pourtant, le point commun à toutes ces villes, c'est qu'elles étaient gigantesques et que les grues pullulaient pour construire des dizaines de milliers de logements.

Les nuits se passent bien, le train est calme et nous dormons bien. Au réveil, à l'issue de la seconde nuit, nous percevons une agitation inhabituelle ; nous voyons beaucoup de passagers se lever et préparer leurs bagages. Pourtant, il est 7h30, et l'arrivée n'est prévue qu'à 11h45(selon les dires de notre agence). J'arrive à choper un contrôleur et je réussis le tour de force de lui faire comprendre que je veux lui demander à quelle heure le train arrive à Pékin (je rappelle qu'il ne parle pas un mot d'anglais, et que je ne parle pas un mot de chinois (non, pardon, j'exagère, je sais dire Ni Hao, Beijing, et Mathilde sait dire « je suis française » en mandarin)). Il me montre son tableau des horaires qui indique que le train entre en gare de Pékin... à 8 heures. Nous nous hâtons de nous préparer et débarquons à la gare de Beijing West. Je réveille la proprio de l'appart pour la prévenir que nous aurons 4 heures d'avance et prenons 2 taxis (pour la première fois de tout le voyage, un taxi refuse de nous prendre tous les 5 avec nos bagages...). On arrive dans notre appartement qui correspond bien à ce que nous attendions et après s'être tous douchés (ben ouais, après 40 heures en train, c'est un peu poisseux tout ça...), nous partons explorer les alentours et tombons tout de suite sur le site olympique (à 2 pas de l'appart)

 

110605 (12)

où nous pouvons admirer dans une ambiance bon enfant qui change vraiment du Tibet, le fameux « nid » et la magnifique piscine olympique.

 

110605 (8)

Nous voilà fins prêts à découvrir Pékin...

Partager cet article

Repost 0
Published by Fabien - dans Chine
commenter cet article

commentaires

Ca c'était pas prévu 10/06/2011 05:40


Alors le coup des matelas mériterait une place de choix dans notre top des boulettes. En tout cas, ça nous aura bien fait rire, mais ça risque de vous suivre un moment cette histoire (et puis,
c'est bien ça prend pas de place dans les sacs à dos, comme souvenir de voyage). Ca sert à quoi que l'on s'use les reins dans les trains chinois si vous lisez même pas nos articles pour savoir
comment c'est une hard sleeper. Nous, on prenait systématiquement 6 places pour avoir le compartiment pour nous, ce qui nous valait de grandes discussions avec les contrôleurs qui ne comprenaient
pas que l'on soit 5 (Circé ne comptant pas) pour 6 billets. Bonne fin de séjour à Pékin, pensez à prendre un matelas avec vous la journée quand vous avez un petit coup de fatigue. On vous embrasse
fort, et bon canard laqué (j'en rêve encore).


carole 18/06/2011 11:49



Pourtant, on a tout lu !!! Mais on se disait que les tous les trains en chine n'étaient pas ltous les mêmes...Bref, maintenant on va pouvoir aller camper pour les
amortir...Heureusement qu'ils coutaient moins chers qu'en France ;-))


Bisous les fous du Transiberrien



Frédérique 09/06/2011 18:53


Ouah!!! 46 heures de train... Déjà que 22 heures d'avion je trouve ça horriblement long, alors je ne vous dit même pas, plus du double...
Enfin, je pense que le résultat vaut le très long trajet. Christopher a adoré Pékin, j'espère qu'il en sera de même pour vous. Essayez de gouter les insectes grillés, c'est parait-il pas mauvais...
et attention aux enfants, ils vont devenir des mascottes pour les chinois (ils adorent les photos avec des occidentaux aux cheveux et aux yeux clairs)...
Je n'arrive pas à me dire que bientôt nous ne lirons plus vos belles aventures et que cela fait 1 an qu'on vous suit à en perdre haleine.
Bonne continuation et bisous à vous 5
Nana


carole 10/06/2011 03:13



L'avantage du train (même si c'est très long), c'est que tu peux bouger, te lever, les compartiments sont assez grands (on a pu y caser tous nos sacs...), le temps
passe relativement vite. En plus on peut regarder le paysage.



Emma 08/06/2011 23:33


Ne rentrez pas trop vite car vos récits vont me manquez...


carole 10/06/2011 03:11



Il y a plein d'anecdotes qu'on ne peut raconter que "en vrai". L'assurance de plein d'aventures à faire revivre encore !!!



Charlène 08/06/2011 22:57


4 heures d'avance ! Cool ! ça faisait 4 heures de moins à mariner dans votre poisse...
Merci encore pour vos récits. Ca va me manquer quand vous serez rentrés... j'aurais bien aimé être à votre arrivée à la Gare de Bordeaux.
Allez, bonne découverte de Beijing !


carole 10/06/2011 03:09



C'était plutôt une bonne nouvelle, il a fallu se dépecher un peu, mais je préfèrer qu'on me dise 4h de moins, que 4h de plus !



Françoise 08/06/2011 18:32


Vous avez refusé d'être ( encore ) plus célèbres en ne passant pas à la télé .... Moi, j'aurais aimé vous y voir !!!! Bonne route en Chine et ...à bientôt ici !!! ( Ton pote, Fabien, est devenu
celui de mon "z'hom"... alors...on t'attend !!!)


carole 10/06/2011 03:01



On ne correspondait pas aux critéres (il faut rentrer en juillet/août, si y'en a que ça interresse.). En plus la télé, moi je m'en méfie un peu...



Nuevo ! traduccion en espanol

Catégories