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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 05:10

Après quelques jours dans les cités péruviennes à Lima (à fuir), puis à Arequipa, il est temps d’aller explorer les campagnes du pays. Nous décidons donc de faire l’excursion phare autour d’Arequipa : le canyon de Colca.

Départ samedi matin en bus, direction Chivay, petit village à l’entrée de la vallée de la Colca (qui est une rivière). Dès les premiers kilomètres le dépaysement est total. La route monte dans un désert de roches volcaniques. Nous contournons plusieurs volcans : le Chachani (6075 m), le Misti (5822 m),

 

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et le Pichu Pichu (5571 m) qui comme son nom l’indique (si vous parlez couramment le queshua) a un double dôme (Pichu Pichu signifie montagne montagne ; machu pichu signifie grande montagne). Nous arrivons rapidement à 3800 – 4000 m d’altitude. Comme on doit monter encore plus haut, la guide nous donne des conseils pour éviter le mal de l’altitude : ne pas stresser, absorber du glucose, ne pas courir (en même temps, dans le bus...), et éventuellement, pour ceux qui le veulent, chiquer des feuilles de coca. On est de ceux qui le veulent (enfin, pas les enfants quand même, eux, ils préfèrent absorber massivement du glucose sous forme de bonbons au citron). On se met des feuilles dans la bouche, entre la gencive et la joue (d’un seul côté), avec une espèce de pâte de bananier qui sert de catalyseur et on machouille.

- La guide : « ne vous inquiétez pas si vous ne sentez plus votre joue, c’est la cocaïne qui a un effet anesthésiant, mais rassurez-vous, il y en a tellement peu que vous ne risquez rien »

- Nous : « ... ??? »

- La guide : « ce sont les autres substances contenues dans la feuille de coca qui luttent contre le mal des montagnes ; elles sont d’ailleurs très bonnes pour la santé, le cholestérol et plein d’autres choses (je comprends pas pourquoi les junkies ne pètent pas la forme), mais évitez tout de même de passer la frontière avec des feuilles de coca... »

On machouille, et il faut bien reconnaître que ça marche. En même temps, on est tellement occupés à essayer de ne pas vomir avec de l’herbe dans la bouche, qu’on a pas le temps de penser aux maux de tête et difficultés respiratoires dus à l’altitude.

On arrive dans une réserve naturelle peuplée de lamas, alpagas et vigognes. On apprend à reconnaître ces 3 animaux, ainsi que leurs croisements (et là ça devient carrément compliqué) ;

Ici un lama

 

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Là un alpaga (comme un gros mouton)

 

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Et ici des vigognes 

 

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 On continue de monter, et la route suit l’intérieur du cratère d’un vieux volcan (éteint) dont un versant s’est effondré pour atteindre une petite paroi glacée, glacier agonisant (un glaçon quoi), dont on se dit qu’il n’en a que pour quelques semaines avant de fondre complètement.

 

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C’est d’autant plus spectaculaire qu’en tournant la tête on peut apercevoir la vallée glaciaire et imaginer sa taille il y a quelques siècles (je vous rassure, il n’a pas fondu complètement en 5 ans).

 

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La route monte toujours. Nous sommes maintenant au point culminant de notre itinéraire : El Mirador de los Volcanos, à 4935 m d’altitude (et oui, chers Européens, plus haut que le Mont Blanc). Il s’appelle comme ça parce qu’à 180 ° (l’angle, pas la température, qui elle serait plutôt à 8 ou 9°), on peut apercevoir plein de volcans : les 3 précédemment cités, plus l’Ampato (6288 m)

 

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et le Sabancaya (5967 m). Même si pour le coup on se déplace lentement (l’oxygène se fait rare), le spectacle est grandiose.

On découvre autour de ce mirador, plein de petits amoncellements de cailloux - comme des petites pyramides avec de gros cailloux plats dessous et des cailloux de plus en plus petits vers le sommet. Ils sont réalisés par les voyageurs péruviens qui les posent au-dessus d’une feuille de coca en offrande à la Pacha Mama pour qu’elle leur donne les meilleures conditions pour leur voyage. Vous pensez bien qu’avec le voyage qu’on fait, on s’est empressé de faire le notre (ça tombait bien, on n’avait pas chiqué toute la coca).

 

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Après ce court passage au-dessus du toit de l’Europe, nous entamons la descente pour rejoindre Chivay que nous atteignons en début d’après-midi (185 km en 6 heures, pas mal). Nous nous ressourçons dans une piscine d’eau chaude (ben ouais, avec tous ces volcans, ces rivières, ces sources, il eût été étonnant qu’il n’y ait pas une station thermale). Il fait 8°C dehors, et 38°C dans l’eau ; inutile de vous dire à quel point c’est bon (et pas cher, environ 3 €, l’entrée, 1,5 € pou les enfants)

 

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Le lendemain, lever à 5h du mat, ça caille, il fait pas loin de 0° - on est à 3500 m d’altitude et c’est l’hiver – on a du mal à se réveiller et le ptit déj a du mal à passer (tout ça pour dire que j’avais bien des excuses pour oublier l’ordi à l’hôtel).

On remonte dans le bus à 6 heures, direction le canyon de Colca. En fait, ce n’est pas un canyon type Colorado, mais plutôt une vallée fluviale profonde - type gorges du Tarn – mais en plus profond, la différence d’altitude entre le sommet des gorges et le point le plus bas de la rivière dépassant les 4000 m.

Malheureusement, nous ne verrons pas la partie escarpée qui n’est accessible qu’à pied, via un trek de plusieurs jours d’un niveau olympique (enfin, s’il y avait une olympiade du trek, elle pourrait avoir lieu là-bas). Ceci étant, le paysage qui nous sera offert est époustouflant. La vallée est immense, composées de centaines de terrasses incas, encore utilisées aujourd’hui (je ne vais pas me lancer dans une explication des ingénieux systèmes d’irrigation de ces terrasses datant du 15e siècle, z’avez qu’à aller sur Wikipedia) ;

 

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ils en faisaient même des maquettes pour vérifier l’écoulement des eaux.

 

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De plus la lumière rasante du lever du soleil donne des images magnifiques (que malheureusement les photos ne font ressentir qu’au 10e).

 

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On commence à ne plus regretter de s’être levés si tôt.

 

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Le bout du voyage s’appelle La Cruz del Condor (la croix du Condor) où nous arrivons vers 8h30 (et nous ne sommes pas les seuls).

 

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Selon la guide, les conditions sont réunies pour que les condors (sauvages) viennent voler autour de ce point ; ils profitent des premiers rayons de soleils qui créent des courants ascendants le long des parois pour remonter du fond de la vallée. Selon elle, nous avons 70% de chance d’en voir. A cette probabilité, je me dis : «Ouais, c’est ça, ils nous prennent vraiment pour des jambons, ils nous emmènent là, on voit rien, et il nous font le coup des 70% de chances – M’en fous, si j’en vois pas aujourd’hui, je reviens 10 jours de suite pour vérifier que je verrais bien 7 fois des condors !!!! (pour les nuls en maths, voir 7 fois des condors en 10 jours correspond à 70 %)».

Et à 9 heures pétantes (on aurait dit qu’il avaient ouvert des cages, mais non, c’étaient de vrais animaux sauvages), un, puis deux, trois, quatre, huit condors sont apparus, d’abord tout petit au fond de la vallée, puis de plus en plus gros au fur et à mesure qu’ils s’élevaient jusqu’à venir à notre hauteur et s’envoler encore plus haut.

 

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Le vol du condor sacré ! C’est une expérience vraiment unique ! Cet animal de 3 mètres d’envergure qui plane dans les airs autour de ces montagnes magnifiques. Tout le monde (et c’est peu de dire qu’il y en avait du monde) ressentait la même émotion, comme une communion autour de cet oiseau (qui pourtant est un des plus laids qui soient quand il est posé) menacé d’extinction, et que l’on pouvait voir évoluer librement dans son milieu naturel. Waouw !!

Comme quoi, une excursion peut être ultra-touristique et de qualité.

Après cela, demi-tour vers Chivay ; nous avons pu voir la vallée avec un autre éclairage, on avait l’impression de ne pas repasser au même endroit.

 

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Après le déjeuner à Chivay, retour sur Arequipa (là pour l’altitude, on a triché, on a pris nos granules de coca en homéopathie) et comme on n’avait pas mangé assez de bus durant ces 2 jours, on a enchaîné avec un bus de nuit (10 heures de voyage) vers Cuzco et ses trésors Incas.

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Published by Fabien - dans Pérou
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commentaires

Fred M. 28/08/2010 12:46


Salut les amis,

Sacrés aventures!...On a bien reçu votre carte (ça c'est pour rendre jaloux ceux qui n'en on pas!), alors merci ça nous fait un souvenir sympa.

Félicitation à Fabien: cela fait une semaine qu'il n'a rien oublié!

bises à tous

Fred et Nath


carole 01/09/2010 01:09



Il a rien perdu parce que je l'ai menacé de représailles. (les enfants s'en souviennent encore...)



FOUET 17/08/2010 10:51


Je veux bien vous croire que tout n'est pas tjrs rose ...Normal, mais bon il y a certainement un rythme à prendre pour tout le monden adultes et enfants. En tout cas, pour nous c'est que du bonheur
!!;-). Au plaisir de continuer à vous lire ...Sylvie Fouet


carole 21/08/2010 02:00



C'est pas toujours rose mais tu as raison c'est quand-même vachement chouette !!! Si en plus ça peux servir à décider quelques personnes de tenter l'aventure c'est
encore mieux. C'est pour ça que nous essayrons de rester précis sur les budgets par pays (nous le ferons soit au retour, soit quand on aura du temps). Quand on a préparé notre voyage les blogs
des autres voyageurs ont été très utiles et si on peut continuer la chaine on le fera, si tu as ensuite besoin d'infos, on sera très content de vous donner des infos.



ღ ღ ღ ♥ nessa ♥ღ ღ ღ 17/08/2010 09:16


c'est beau ça donne envie !!! domage qu'on n'ait que la boisson et pas les feuilles ici ! bonne journée :-)


carole 21/08/2010 01:54



Pour la boisson, même si c'est pas ce que je préfère, c'est toujours meilleur que les feuille à mastiquer !!!



FOUET 14/08/2010 23:01


Super !!! Quel bonheur de vous lire ..... Nous aussi (enfin surtout moi) on aimerais faire un tour du monde en famille ...vous êtes notre test !!! Profitez, ce sont des moments uniques. Sylvie


carole 16/08/2010 21:10



ouhla ! quelle pression ! Il faut pas qu'on flanche alors !!! Trève de plaisanterie, il faut être sûr tous les 2 que c'est une aventure que vous voulez vivre, car
c'est pas rose tous les jours et quelquefois il faut pouvoir se rappeler qu'on avait VRAIMENT envie de se lancer dans ce périple...



noëlle 14/08/2010 17:39


Je savais bien que cette phrase viendrait tôt ou tard dans la conversation ..... !


carole 16/08/2010 21:12



les années passent, mais ils restent les mêmes !



Nuevo ! traduccion en espanol

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