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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 13:21

Nous quittons donc les altitudes inhospitalières et nous avançons vers nos prochaines étapes : Shigatzé, Gyanzé, et enfin Lhassa. Ces étapes sont placées sous le signe de la dévotion avec la visite de plusieurs monastères et temples :Le Tashilumpo à Shigatzé, siège des Panchen Lamas,

 

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le monastère de Gyanzé,

 

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le temple du Jokhang,

 

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le monastère de Sera, et bien sûr le palais du Pottala à Lhassa.

 

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Partout, des fidèles, des pèlerins, des moines, égrenant leurs chapelets à 108 perles, psalmodiant en faisant tourner leur moulin à prière, se prosternant parfois devant les sites sacrés.

 

C’est frappant dans les villages et les petites villes, où la vie est organisée autour de la religion, ça l’est encore plus à Lhassa, ville « chinoise » moderne, où se mélangent jeunes tibétains habillés à la mode citadine et vieilles femmes en habit traditionnel descendues de leurs montagnes pour se prosterner devant le Jowo au Jokhang, une statue de Bouddha assurant une réincarnation heureuse, puis déambulant sur les chemins sacrés de la ville, leur moulin à prière  toujours à la main.

Visiter ces temples et monastères est un vrai acte militant, car à l’exception du Tashilumpo où les moines sont des fonctionnaires payés par le régime, les autres n’assurent la subsistance de moines et l’entretien de leurs édifices multiséculaires que grâce aux dons des fidèles et aux recettes auprès des voyageurs et touristes. C’est peu de dire que ces communautés religieuses qui ont une influence énorme sur la société tibétaine sont dans le collimateur des autorités chinoises. D’ailleurs, à Lhassa, dans le quartier ancien autour du Jokhang, à chaque coin de rue (je vous assure que je n’exagère pas), soit tous les 50 mètres, un poste de contrôle de la police ou de l’armée surveille les allées et venues, sans parler des patrouilles qui déambulent au milieu des fidèles (je vous montrerais bien des photos, mais je me suis fait rappeler à l’ordre quand j’ai essayé de photographier (avec le sourire) des militaires – j’ai quand même réussi à en faire une en douce (attention, photo militante !))

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Car il est clair que nous sommes ici dans un pays occupé et dans un système totalitaire et que la liberté de se mouvoir, de s’exprimer, voire de penser ne fait pas partie des priorités. Il est conseillé dans tous les guides de ne pas discuter politique avec des autochtones au risque de leur attirer de graves problèmes. Notre guide à nous (pourtant tibétaine) nous sert également le discours officiel plein de propagande et de faussetés (mais comment lui en vouloir ?). « Amusante » aussi, la propagande sur un panneau au Pottala, expliquant sans rire que le Tibet est depuis les temps immémoriaux un partie inaliénable de la Chine, que celle-ci a libéré le Tibet du joug féodal et que le Tibet vit aujourd’hui sa période la plus prospère, heureuse, et harmonieuse.

Ceci étant, il n’est pas faux de dire qu’aujourd’hui le Tibet vit une époque prospère. Comparé au Népal, les infrastructures sont bien supérieures, les routes en bon état malgré la taille et le relief du pays, le téléphone portable passe même au camp de base de l’Everest à 100 km de tout village (alors qu’il ne passe pas chez moi), et la ville de Lhassa est une ville bien plus moderne que Kathmandou. Tout ce développement à mettre à l’actif des Chinois a considérablement facilité la vie des Tibétains, y compris dans les montagnes. Pourtant, ceci n’a pas été fait sans arrière-pensée. La stratégie chinoise est limpide : après avoir tenté en vain de réprimer par la force les autorités et traditions religieuses dans le pays, ils améliorent les infrastructures pour attirer des immigrants chinois (malgré les statistiques officielles qui font part de 20% maxi de chinois, ils sont plus de 50 % à Lhassa, et ça se voit dans la rue), de façon à diluer l’identité et la culture tibétaine de manière à ce qu’au bout d’une ou deux générations, le Tibet soit complètement assimilé à la Chine et que cesse « le problème tibétain ».

En attendant, les autorités tiennent le pays avec une main de fer dans un gant de crin. Une des plus grandes privations de liberté pour les Tibétains est leur grande difficulté (voire impossibilité) d’obtenir un passeport. En fait, à l’instar de la Birmanie que sont allés voir nos potes les Ducasse, le Tibet est une immense prison.

Nous avons eu la chance de pouvoir le constater par nous-mêmes, il nous semble être de notre devoir d’en témoigner.

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Published by Fabien - dans Chine
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commentaires

Frédérique 07/06/2011 10:20


Ça fait peur quand même...
Bisous à nos courageux aventuriers.


carole 08/06/2011 16:38



L'absence de liberté est bien palpable...surtout dans les non-dits, ou les sourires genés...



Mylène 05/06/2011 11:32


Globe-trotters mais aussi véritables journalistes d'investigation....enfin un éclairage sur "le Mystère du Monastère jaune"!!!...


carole 08/06/2011 15:56



Journaliste d'investigation...bien entouré quand même, on n'a pas eu trop le loisir de voir seuls... Notre guide ne voulait vraiment pas nous lâcher !



sandrine 03/06/2011 15:09


C'est superbe l'architecture des maisons, des hotels, meme les prisons du chinois ;) bonne journée ;)


carole 08/06/2011 15:48



C'est très différent de tout ce qu'on avait pu voir en Asie. Toutes les fenêtres sont peintes, c'est vraiment très beau.


 


 



Françoise 02/06/2011 18:47


"Quand la Chine s'éveillera"...je crois que c'est déjà commencé....Juste 2 conseils : 1 / Pas de photo qui pourraient vous causer des ennuis ( Lhassa, c'est loin pour vous apporter des oranges !!!)
2 / N'exposez pas trop Paul, "ils" pourraient en faire le prochain Dalaï Lama !!!!


carole 08/06/2011 15:46



Il a eu beaucoup de succés auprès des asiatiques en général, mais au Tibet, c'était de l'hystérie !!! A tel point qu'il ne voulait plus
sortir de la chambre d'hôtel !!!



Laurent 02/06/2011 17:26


Une immense prison?? Un bon plan pour DSK peut-être!!


carole 08/06/2011 15:43



Il manque juste le jacussi et l'immense salle de sport.Bon il a pas de chance DSK, il croyait que FMI ça voulait dire Femme de Ménage Incluse (blague hyper drole qui
circule sur internet...)



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