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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 03:46

Par où commencer ? Ben par le début pardi !

Nous vous avions laissé à notre arrivée à Puerto San Julian, petit village de la côte Atlantique au bord d’une jolie baie. On y passe 3 jours dans l’hôtel « Municipal Costanera » (c’est son nom), qui en sus d’être très confortable et somme toute abordable pour le coin, offre la meilleure connection internet d’Amérique du Sud. On en profite pour télécharger 10 films en français en prévision de nos escapades routières (pas d’hadopi en Argentine, mais promis, on les efface à notre retour en France). Dehors, il fait un vent à décorner les bœufs. 3 jours non stop de vent force 6. Ça ne nous empêche pas d’aller faire quelques balades autour de la baie (découverte par Magellan il y a 500 ans). Malheureusement, le vent nous amène des paquets de nuages et le ciel est gris. Par moments, quelques éclaircies nous permettent de mieux apprécier la beauté des couleurs

 

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et d'ajouter quelques animaux à notre bestiaire, comme le guanaco, dernier cousin de la famille du lama en mérique du Sud.

 

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Après ces 3 jours, nous descendons la Ruta 3 (prononcer Routa Tress, en roulant les R) le long de l’Atlantique, tribord amure (pour les non-marins, renseignez-vous, moi, y a 5 minutes, je savais pas...), direction Ushuaïa, en 2 étapes.

La première étape, relativement courte, nous amène à Rio Gallegos, ville sans intérêt (si ce n’est d’être la ville du couple présidentiel argentin, les Kirschner), ni beauté, mais c’est le dernier endroit où on peut faire le plein et trouver un hôtel avant la Terre de Feu. Parce que dans ces contrées patagonnes, faut pas se louper. La Patagonie a une superficie d’environ 400 000 km² (un poil moins que la France, mais comparable), pour une population de 800 000 habitants (pardon 800 005 pendant notre tour), ce qui laisse pas mal de vide. Et donc, entre chaque ville ou village distant de 200 à 250 km, il n’y a rien, mais vraiment rien du tout, si ce n’est les estancias, ces grandes propriétés fermières, qui couvrant environ 50 kmx50 km chacune vivent de l’élevage des vaches, chevaux et moutons. (D’ailleurs, c’est rigolo, ces propriétés gigantesques sont... clôturées. Le long des routes, il y a des centaines de km de clôtures) Donc, y a pas intérêt à manquer un plein, où un hôtel, parce que sinon, c’est un coup à passer la nuit dans la voiture...

La seconde étape nous conduit à notre but ultime. 577 km prévus. En France, comptez 4h30 d’autoroute. Pas ici ! Déjà, il y a 4 passages de frontière (on sort d’Argentine pour rentrer au Chili, puis 2 heures après, on sort du Chili pour re-rentrer en Argentine). A chaque fois, On nous regarde comme des contrebandiers notoires... En plus au premier passage (pour sortir d’Argentine), l’attestation d’assurance de notre voiture de loc a expiré, et la police ne veut pas nous laisser repartir. Il nous faut appeler l’agence de loc pour qu’elle nous envoie un document à jour. Sauf qu’évidemment, le téléphone portable passe pas, que les cabines téléphoniques fonctionnent avec des cartes téléphoniques et pas avec des pièces, et que la boutique la plus proche pour acheter les cartes est à 150 km (tout prend de suite une autre proportion en Argentine)... Finalement, on on nous prête un téléphone et on obtient notre papier au bout... d’une heure. Tous les passages de frontières nous prendront au total près de 2h30.

Ensuite, il y a une barge à prendre (ben oui, la Terre de Feu est une île) pour traverser le détroit de Magellan (ça fleure bon l’aventure un nom pareil).

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Pendant la traversée, nous avons la chance d’apercevoir des dauphins de Commerson, des dauphins tout petits, blancs et noirs (un peu comme des orques). On est ravis, ce sont les premiers dauphins du voyage.

Enfin, la route côté Chilien (qui est empruntée à 99% par des gens allant de Rio Gallegos à Ushuaïa) n’est pas goudronnée, c’est une piste, du ripio comme ils disent. Il est en bon état, mais pas moyen de dépasser les 70 km/h (sauf à renoncer à récupérer la caution de la voiture). Pour couronner le tout, le vent est de plus en plus fort, il doit friser les 110, 120 km/h (on était prévenus...);

 

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on a du mal à tenir debout quand on sort (d’ailleurs, on constate dans ces moments-là, qu’il est impossible pour les filles et très peu recommandé pour les garçons de faire pipi dehors, quelle que soit la direction du vent). On a dépassé le 50e parallèle et on comprend pourquoi on les appelle les 50e hurlant. On imagine ce que doivent vivre les marins du Vendée Globe à ces latitudes, tout seuls sur leur voilier.

Le paysage est désertique ici aussi. Il n’y a pas un arbre

 

101019 (8)(ah si, il y en a un !), et seulement des pâturages avec des plantes rases, qui seules, résistent au vent. Petit à petit, le vent faiblit, la steppe laisse place à des forêts, le relief s’élève (enfin, des virages !), nous nous approchons d’Ushuaïa.

Il nous aura fallu près de 11 heures, pour atteindre le bout du monde, la ville estampillée « fin del mundo, ciudad mas al sur del mundo ».

 

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Nous avions beaucoup hésité avant de décider de descendre jusqu’à Ushuaïa ; c’était beaucoup de route (on confirme) et on avait peur que la ville soit un peu surfaite, que le seul intérêt d’y aller était de pouvoir dire « j’y suis été ». MAIS PAS DU TOUT !

C’est une très jolie ville, très enthousiasmante, très originale avec un environnement splendide et des maisons très colorées.

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Le Cerro San Martial juste à côté et le Parque Nacional Tierra de Fuego à 12 km offrent des balades très jolies et faciles dans des décors tout droit sortis du Seigneur des Anneaux.

 

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En plus, la sensation d’être au bout du monde et bien réelle. « ça fait quelque chose ».

 

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Nous ne sommes restés que 3 jours ici bas (ici très très bas), mais Ushuaïa et la Terre de Feu nous auront profondément marqués.

 

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Published by Fabien - dans Argentine
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commentaires

laurence 29/10/2010 05:12


J'ai un peu de mal à suivre mais quand je viens, je suis admirative ! Vos descriptions et photos sont un régale, merci et à bientôt à Tahiti...peut-être ! aurons nous l'occasion de nous croiser ...


carole 31/10/2010 15:10



Merci pour les compliments !! J'espère qu'on va rencontrer plein de monde à Tahiti même si on y reste trop peu :-((



Martine ( maman de Geoffrey ) 28/10/2010 16:47


BON ANNIVERSAIRE A FABIEN

avec 3 jours de retard ......


fabien 31/10/2010 15:03



Merci Martine !!!



Mylène 25/10/2010 23:29


là Chapeau, chapeau bas!...quel travail d'investigation...trouver le seul et unique arbre conforme au panneau signalisation...
encore encore, on vous lit...on pense à vous....


carole 26/10/2010 00:45



Oui et en plus il a vraiment fallu qu'on le cherche !!!!


Merci de penser à nous, nous aussi on pense à tout le monde.



Emma 25/10/2010 18:38


Heps ! z'avez toujours pas croisé Florent sur la route depuis tout ce temps ???


carole 26/10/2010 00:44



Ben non, il parait qu'il est revenu en France !!!



Françoise 25/10/2010 17:21


Wow !!! Epoustouflant...Alors... chut...j'y retourne ....
PS Et le feu...il est où ? !!!!


carole 26/10/2010 00:43



Alors petite parenthése historique ; la Terre de Feu est ainsi nommée car Magellan, en découvrant le détroit qui porte son nom, fut accompagné tout au long de son
parcours par des feux qu'allumaient les indiens sur terre, surement pour conjurer le mal. ça n'a pas été très efficace car ils ont quasiment tous été exterminés...



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