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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 15:46

Autant vous rassurer d'entrée de jeu, je suis d'humeur badine aujourd'hui et le moral de toute la famille est au beau fixe -  pour preuve, ce titre (spécialement dédié à Christian, vieux copain que je n'avais pas vu depuis 20 ans, que j'ai retrouvé à Sydney, et qui m'a rappelé que jadis j'étais le roi du calembour...pourri). Plusieurs raisons à cela (pour le moral, pas les calembours...).

On a quitté la Nouvelle-Zélande et les derniers jours s'y sont plutôt bien passés (nonobstant l'affreuse blessure de Mathilde qui s'est coupé le bout du bout de l'orteil, qui a bien mis 3 jours à cicatriser...), on a dépassé la moitié du voyage et on a fini de s'éloigner, maintenant, on se rapproche, Mathilde a trouvé des fleurs de tipanier.

019 - des tipaniers en liberte

Et puis, on a atterri à Sydney pour quelques jours. Attention, rentrer en Australie, ça se mérite !

001 - a-t-on des convictions criminelles ?

Surtout, il ne faut pas se tromper en remplissant le QCM de la douane. A la question "avez-vous des convictions criminelles ?", il faut surtout répondre non, quite à leur cacher vos épisodiques envies de meurtre sur vos enfants qui s'obstinent à vouloir que 7 fois 8 fassent 54 ou votre conjoint(e) qui pour la trente-quatrième fois vous dit : "ah, je crois que c'est à celle-là qu'il fallait tourner..."

Sydney nous a beaucoup plus (alors que la Nouvelle-Zélande nous a beaucoup plu). Au point qu'on s'est demandé si on ne devrait pas s'y installer. On s'est posé la question pendant environ 15 minutes, le temps de rentrer dans un supermarché. Dans un supermarché australien, tout semble normal, tout est bien achalandé, il y a tout ce qu'il faut, même du Nutella. La seule différence, c'est le prix, exhorbitant. Petits exemples au hasard, mais révélateurs : 1 kg de tomates, 4 €  le kg, 1 kg de pommes, 6 €. Les kiwis, j'ai même pas regardé, ils venaient d'Orthevielle (véridique - à ce propos, il faut quand même que vous sachiez qu'on n'a pas mangé un seul kiwi en NZ, parce que c'était pas la saison, et les seuls en vente venaient des USA). A côté, même la Polynésie c'est pas cher. D'ailleurs, on aurait du se méfier quand on a réservé le Formule 1 pour un prix équivalent à une nuit à l'hôtel du Palais à Biarritz (bon, OK, là j'exagère un peu).Hormis ce petit soucis (qui aurait pu être un gros problème si nous avions décidé de rester plus que 6 jours en Australie), nous avons adoré Sydney. D'abord, c'est une ville qui vous oblige à rentrer le ventre ; il n'y a que des beaux gosses culturistes et pleins d'humour et des nanas de 1,80 pour 65 kg, en tailleur de working girl. Donc, pour pas donner de la France, l'image de Raymonde et Robert Bidochon, on rentre le ventre et on essaie de pas respirer.

En fait, tout est fait pour que les gens puissent faire du sport. Des espaces verts partout, des douches dans les bureaux pour permettre aux employés d'aller faire du sport à l'heure du déjeuner (remarque, vu le prix dudit déjeuner, je comprends que les gars aillent courir plutôt que manger). Tout est fait aussi pour que les enfants puissent s'amuser en plein air et pour que les familles profitent de la ville. Au contraire de Paris, vivre en famille à Sydney semble plutôt facile et agréable (à condition bien sûr d'avoir un revenu équivalent au PIB des Vanuatu)

013 - Harbour Bridge et Opera vus du Botanic Garden

L'urbanisme est plutôt réussi. A travers la ville et ses faubourgs, se succèdent des quartiers d'inspiration victorienne, des parcs, dont la beauté des plantations n'a d'égale que la diversité des animaux qu'on y trouve, et des quartiers résolument modernes et contemporains.

020 - le monorail qui traverse la ville018 - le Botanic Garden

006 - Harbour Bridge005 - Sydney City Center

Le tout, installé dans un paysage de baies et de plages magnifiques. On a trouvé des similitudes avec Rio ; mais si Rio bénéficie de paysages naturels incomparables, la beauté de Sydney vient avant tout de la façon dont l'homme l'a façonné. Mais le gros avantage de Sydney sur sa collègue olympique, c'est sa douceur de vivre et le sentiment de sécurité qu'elle dégage.

Enfin, ce qui fait de Sydney une ville à part en Australie, en hémisphère sud et dans le monde, ce sont ces 2 monuments phares : Harbourg Bridge et l'Opera House.

008 - Harbour Bridge

Ils donnent à la baie (celle que dessinait l'abbé) une gueule incroyable. 

007 - le celebrissime Sydney Opera House

L'Opéra mérite un petit coup de projecteur et son histoire est édifiante, surtout pour moi qui suis (étais) ingénieur dans le bâtiment. 

J'ai toujours pensé qu'un bâtiment était architecturalement réussi lorsque 100 ans après sa construction, il ne paraissait pas dépassé ou démodé. Ici, 50 ans après avoir été imaginé, non seulement il n'est pas démodé, mais il paraît toujours en avance sur son temps, avant-gardiste.

021 - l'opera vu de Harbour Bridge

L'histoire de l'Opéra de Sydney commence au début des années 50, lorsque le maire de Sydney décide de réaménager les abords de la baie. Après quelques années d'études d'urbanisme, il est décidé de créer un opéra et un concours d'architecture mondial est lancé. En 1955, après délibération, c'est un architecte danois, Jorn Udzon, qui est retenu sur une esquisse résolument originale, s'inspirant à la fois des voiles des bateaux et de la forme des coquillages.

009 - l'opera

Une première polémique éclate après ce choix esthétique si édifiant pour l'époque. Le budget annoncé pour la construction est de 7 millions de dollars, pour une durée de travaux de 3 ans. Problème, les techniques pour réaliser la construction n'existent pas encore... On se demande comment ils ont estimé leur budget et la durée des travaux (bon,ça, ça n'a pas vraiment changé). Udzon s'entoure d'une floppée d'ingénieurs de renommée internationale, mais comme il n'a pris aucun Gadz'Arts dans son équipe, au bout de 5 ans d'études, on ne sait toujours pas comment faire tenir debout cet opéra (il faut bien s'imaginer qu'à l'époque, il n'y a pas d'ordinateurs pour le calcul, la conception ou la fabrication). Udzon est sur le point de renoncer quand une nuit un éclair d'inspiration le traverse : et si au lieu de composer son opéra avec des coquillages éllipsoïdaux inconcevables, il juxtaposait des morceaux de sphère qu'on savait parfaitement construire à l'époque.

027 - le secret de fabrication010 - Opera again

Cette modification mineure au regard de la forme globale de l'Opéra, permet de débloquer complètement la situation et d'attaquer la phase de réalisation. Les travaux sont longs et fastidieux, il faut inventer des techniques de construction. Les prix gonflent, les délais dérapent, et la polémique enfle, exacerbée par les rivalités politiques qui se servent de ce projet et de ses surcoûts à des fins électorales. En 1966, les pressions politiques deviennent irrespirables et alors que seule l'enveloppe extérieure vient d'être terminée, Udzon est contraint de se retirer du projet. Le gouvernement mandate un groupement d'architectes australiens pour terminer l'ouvrage ; il faut leur reconnaître le mérite de n'avoir pas dénaturé le projet d'Udzon.

024 - l'interieur de l'Opera House025 - idem

Enfin, en 1973, l'Opéra est inauguré par la reine Elizabeth II (qui je vous le rappelle est chef de l'état en Australie). Au lieu des 3 ans et 7 millions de dollars, les travaux auront duré 16 ans et coûté 106 millions de dollars (et dire que quand des clients ralaient quand on était en retard de quelques semaines, je leur disais qu'il valait mieux perdre quelques semaines et avoir un bâtiment bien fait que le contraire, là, je me serais éclaté...).

026 - vue depuis l'interieur de l'Opera House

L'ironie de l'histoire, c'est qu'Udzon s'est fait viré alors qu'il était en train de construire ni plus ni moins que la vitrine de l'Australie, le bâtiment qui allait attirer les touristes dans le pays. Finalement, en 1999, le gouvernement australien, bon prince, réhabilitera Udzon en tant qu'architecte de l'opéra de Sydney. Udzon, qui n'avait plus mis les pieds en Australie depuis 1966, y eszt revenu en 2008 voir son chef d'oeuvre pour la première fois. Aujourd'hui, seul son cabinet est habilité à traiter les travaux de modification ou d'aménagement de l'ouvrage. Il en reste un bâtiment magique,une icône planétaire qui, à l'instar de notre tour Eiffel, attire et émeut des millions de touristes chaque année.   

022 - la baie de Sydney

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Published by Fabien - dans Australie
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