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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 20:05

Après l’excursion du salar de Uyuni, Tupiza est aussi renommée pour ses balades dans les environs. Paysage de canyons rouges ardents, on se croirait au far west. On est juste au début du printemps et il parait que c'est  encore plus beau à la saison des pluies ! La nature ici explose en mille couleurs ; rouge des montagnes, bleu profond du ciel, vert tendre des arbres composent un tableau changeant à chaque virage.

 

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On ne pouvait pas passer à coté d’une promenade à cheval au milieu de ses paysages, Billy the kid et Lucky Luke n’ont qu’à bien se tenir, on arrive !!!

 

 

 

On enfourche nos montures, piaffant d’impatience, bien décidés à en découdre avec nos fiers destriers. Le parcours commence le long de la voie ferrée. Au bout de 10 mètres, on s’aperçoit que les fiers destriers sont des agneaux, qu’ils connaissent le chemin par cœur et qu'on n’a même pas besoin de tenir leurs rênes (si ce n’est pour se donner une contenance). Les premières minutes se passent bien, on est à l’aise, Fabien se prend pour John Wayne.

 

 

Pourtant de temps en temps nos chevaux ont des velléités de vitesse (sûrement un gêne de leurs lointains ancêtres qui paissaient là en liberté), ils entament des trots sans nous prévenir. A cet instant, je suis plutôt fière de moi, j’ai l’impression que des lointaines leçons de mon cousin (qui se reconnaîtra) il me reste quelques bases (Bon j’avais intérêt à comprendre parce que le mauvais caractère dans la famille c’est génétique et des 2 cotés ;-)). Je me sens telle Sissi L’impératrice (on a les références culturelles qu’on peut !) sur son cheval. Et vas-y que je fais du trot enlevé, le vent fouette mon visage, les larmes coulent de mes yeux tellement je vais vite.


Après j’ai vu la vidéo.


Comme j’ai un peu d’amour propre je ne vous la montrerai pas.

Il faut savoir rester humble par rapport à ses performances physiques, mais pour vous donner une idée, souvenez-vous de la pub orangina.

Pourquoi ?

PARCE QUE !!!


Les garçons ont passé la journée à être les héros de leur western imaginaire, Mathilde est tentée par l’équitation au retour, bref une très bonne journée. Pour les cavaliers, il existe même des treks sur 3 ou 4 jours, dans ces décors, ce doit être fabuleux. Pour nous cela n’était pas envisageable, les 3 heures de cheval ont été largement suffisantes, on a fait travailler des muscles qu’on pensait totalement atrophiés et les jours suivants, chaque pas rappelait à notre souvenir cette journée...

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Published by carole - dans Bolivie
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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 04:15

Enfin, du monde qu’on connaît, c'est-à-dire grosso-modo, la France, un peu du Brésil, un tout petit peu d’Argentine, une partie de l’Equateur, pas mal du Pérou et donc, le Bolivie.

C’est vraiment un pays extraordinaire, les paysages sont exceptionnels, très variés, les gens sont vraiment gentils, souriants et accueillants, et la vie pas chère du tout. Si vous avez un voyage à faire, c’est bien en Bolivie qu’il faut aller. Le billet d’avion doit bien coûter un peu cher, mais une fois sur place, la vie, c‘est cadeau. Je connais même certaines personnes qui y ont trouvé leur future épouse...

 

Après les quelques jours passés à Sucre, nous voilà partis dans l’extrême sud du pays, à Tupiza. Les 9 heures de bus local se passent bien ; il y a pratiquement autant de places que de passagers, et nous arrivons à l’heure, vers minuit à destination. Le gros avantage d’arriver à minuit, c’est qu’on ne voit pas à quel point l’hôtel qu’on a réservé n’est pas propre ; au moins, on passe une bonne première nuit.

 

Les alentours de Tupiza par eux-mêmes valent le déplacement ; on se croirait au Far-West (c’est d’ailleurs près de Tupiza que Butch Cassidy et Sundance Kid, les célèbres bandits de westerns ont fini leur carrière – criblés de balles boliviennes), mais ce n’est pour nous que le point de départ de l’excursion que nous attendons depuis longtemps : le désert de Sud-Lipez et le Salar d’Uyuni.

 

L’organisation est simple : un guide-chauffeur-mécanicien, une cuisinière, un 4x4, 5 touristes dans le 4x4 (ben, dans le nôtre, c’était nous) et 1500 km de pistes en 4 jours, dans des décors fabuleux et, ce qui rend le voyage si passionnant, extrêmement variés (oui, parce que 1500 bornes à voir toujours la même chose, même si c’est très beau, je sais pas si vous avez déjà essayé, mais à mon avis, ça lasse). La plupart des tours dans le salar et le désert partent d’Uyuni. Nous avons choisi de partir de Tupiza, parce que d’une part, les décors que nous rencontreront seront de plus en plus beaux dans ce sens, et d’autre part, il n’y a qu’une dizaine d’équipages par jour qui partent de Tupiza, alors que plus d’une soixantaine de 4x4 partent d’Uyuni.

 

 

Tout commence donc à Tupiza, où nous faisons connaissance avec Javier notre guide – 12 ans d’expérience, et Isabel, notre cuisinière – 10 ans d’expérience. Dès la sortie de la ville, un 4x4 d’une autre agence s’arrête et demande à suivre notre guide car il ne connaît pas bien le chemin (on est bien content d’avoir choisi notre agence !). On emprunte une piste qui suit le lit de la rivière (à sec) puis nous montons. Très vite, le panorama est splendide. On se croirait dans le Colorado.

Javier s’arrête souvent pour nous permettre de mitrailler, mais malheureusement, les photos ne rendent pas bien la beauté de couleurs (ben ouais, on est pas des pros de la photo).

Au bout de quelques heures, en atteignant les 4000 m d’altitude, nous tombons sur les premiers troupeaux de lamas, perdus au milieu de rien, et sur les maisons en pisé (briques de terre cuite). Nous ne sommes pas encore entrés dans le Sud-Lipez, et déjà nous en avons pris plein les mirettes.

 

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décor de western

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mon ami Serge, le lama (à moins que ce ne soit Bernard)

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maisons en pisé

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Le premier soir, nous dormons dans un petit village et pouvons constater qu’en plus d’un bon guide, nous avons la chance d’avoir une bonne cuisinière. Nous en profitons pour faire la connaissance d’autres voyageurs (les équipages s’arrêtant tous au même endroit), parmi lesquels 2 Français, Fabrice et Camille.

 

Le second jour sera encore plus riche, avec des lacs magnifiques, blancs, verts (la laguna verde), ou rouges (la laguna colorada), des flamants roses, des montagnes muticolores, le désert de Dali (dont les couleurs ressemblent à un tableau de Salvador Dali), une piscine thermale naturelle et même des geysers. On ne sait pas où donner de la tête ce jour-là, et on prend pas moins de 500 photos dans la journée (vive le numérique !).

 

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Envol de flamants

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Le guide-chauffeur-mécano remet la courroie d'alternateur en place

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dehors, 10°C, dans l'eau, 38°C

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la laguna verde et le volcan Licacanbur

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la Yareta

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le désert de Dali et un tableau de Dali

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les geysers de sol de manana


Le troisième jour commencera par un grand moment d’émotion. Nous arrivons sur le mirador surplombant la laguna colorada et ses milliers de flamants roses ; c’est tellement beau et c’est le bonheur absolu d’être là avec Carole et les enfants. On se sent vraiment privilégié d’être là. Je ne sais pas si c’est le froid (ça caille grave) où l’émotion, mais j’ai les yeux qui piquent. La balade continue avec d’autres lacs très différents, certains pleins de soufre, un autre de carbonate de sodium, un autre plein de gorax, et toujours des multitudes de flamants roses. Voir ses animaux si gracieux se déplacer, voler librement est tout simplement magique ! Nous apercevrons aussi des lamas bien sûr, mais aussi des vigognes, des viscachas (sorte de chinchillas ressemblant à un lapin), et même un condor (au moment où on écoutait « El condor pasa »).

Nous verrons aussi des Yelatas, plantes très denses poussant sur des rochers, de 1 cm par an. Enfin, autre grand moment, nous nous sommes arrêté le soir dans un hôtel de sel (murs et meubles en briques de sel) ; c’était vraiment surprenant et ça nous a beaucoup plu. Nous avons pu faire davantage connaissance avec nos nouveaux potes Fabrice et Camille (mais si, tu es souriant Fabrice...) qui nous ont laissé leur surplus de médocs (encore merci à vous, les turistas à répétition avaient largement entamé nos stocks...).

 

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un moment de grâce au-deus de la laguna colorada

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l'arbre de pierre

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une vigogne

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les flamants, les flamants, les fla, les fla, les flamants

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Paul nourrit un viscacha pas farouche

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l'hôtel de sel


Enfin, le dernier jour, le clou du spectacle. Lever à 5h30 pour apprécier le lever du soleil sur le salar, une aire parfaitement plane, ou plutôt, tellement plate, qu’on peut « voir » la courbure de la Terre (les reliefs apparaissent au fur et à mesure qu’on s’en approche). Nous prenons le ptit-dèj sur une île posée au milieu de l’immensité de sel. Encore un moment magique. Puis, nous traversons le salar et nous arrêtons prendre les « fotos locas », les photos folles. C’est déjà fini pour le salar d’Uyuni, nous rentrons vers Tupiza, et là encore, les paysages traversés sont différents et exceptionnels. Les 10 heures de voitures de cette journée seront finalement passés très vite ; même les enfants ne se sont pas lassés – c’est dire...

 

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Je souhaite à chacun de vous de pouvoir un jour venir dans ces endroits enchanteurs que sont le désert du Sud-Lipez et le Salar d’Uyuni. Nous nous sommes sentis vraiment privilégiés ; peu de monde finalement au regard de la beauté du site, la chance d’être avec des accompagnateurs passionnés par leur pays et leur région, et une excursion de 4 jours pour le prix d’une demi-journée de 4x4 en France.

 

Je pourrai vous en parler pendant des heures, évoquer le réchauffement climatique qui est ici palpable (il y a encore 5 ans tous les sommets étaient couverts de neige toute l’année), vous parler de l’altitude, du vent, du froid, des pannes de voiture, de l'exploitation du sel, des connections internet catastrophiques à Uyuni et Tupiza, mais je vais arrêter là pour vous permettre d’avoir cet article tout chaud au petit déjeuner.

 

PS : d'autres photos dans l'album Bolivie

 

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 04:15

 

Notre 3ème étape Bolivienne nous conduit à Sucre, ancienne capitale de la Bolivie, qui perdit son titre au 19ème siècle au profit de La Paz. Officiellement  nous y allons surtout pour assister au marché de Tarabuco, célèbre dans toute la Bolivie. Dés notre arrivée pourtant on sent que l’on va se plaire ici. Le centre historique est magnifique, les bâtiments coloniaux rivalisent de sculptures alambiquées. On est dans le temple du baroque !

En plus, comble de bonheur, on arrive à Sucre pour la fête de la vierge de la Guadeloupe.

 

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Au début on pensait assister à une sorte de procession colorée. Que nenni. La ville se transforme en un gigantesque carnaval pour honorer la vierge, qui était en 1718 la « patronne » de la ville. Notre première prise de contact se fait en douceur, on a l’impression olfactive d’être à Bayonne le troisième jour des fêtes, on est dans l’ambiance direct ! Après quelques mètres la musique se fait entendre, tous les groupes jouent le même air, les musiciens n’ont pas à trop réfléchir, en même temps il vaut mieux car comme il fait chaud, chaque halte est l’occasion de se rafraîchir le gosier et ils ne boivent pas que de l’eau...

La parade dure 5 à 6 heures, sur 4 à 5 kilomètres, dans des costumes magnifiques et sur des talons aiguilles pour certaines (pour moi qui suis incapable ne serait-ce que de tenir debout sur ces trucs, que l’on puisse danser avec me stupéfie...).

 

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Image totalement décalée de ces mêmes filles qui descendent la rue parallèle, grimaçants de douleur et pieds nus, the show must go on, on les retrouvera dans quelques minutes, souriantes et dansant comme si de rien n’était !

Qui dit fête, dit marchands ambulants ; pris par l’ambiance, on a même acheté des sandwichs dans la rue, des saucisses... certainement celles qu’on avait vu au marché sur l’étal (quelle vitrine réfrigérée ?) en se promettant de ne jamais y toucher... Ben on n’a même pas été malade, pourtant ça ça fait roots de tomber malade en mangeant de trucs pas frais.


A quelques kilomètres de Sucre se trouve également un site extraordinaire pour les enfants de 6 ans qui comme le mien veulent devenir paléontologues (presque tous les garçons qui jouent aux dinosaures en fait). En 1994, fut mise à jour une paroi (anciennement le fond d’un lac) sur laquelle on a retrouvé les traces de pas de 150 espèces dont 40 de dinosaures !

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Autant dire de suite que la paroi n’intéresse que les parents, qui seront émus par les millions d’années d’histoire, bla bla bla...(Les traces c'est les petits ronds que l'on voit, il vaut mieux le savoir !!!) Alors que les enfants seront attirés par les représentations grandeur nature des diplodocus, tyranosaurus et autres monstres de cette époque.

 

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Bref un bon moment où chaque âge trouve son plaisir.

Notre séjour à Sucre nous enchante, en plus il y a ici un climat vraiment clément et après les rigueurs de l’Altiplano, c’est une étape très reposante.

 

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Published by carole - dans Bolivie
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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 18:11

Une fois n’est pas coutume, je vais me lancer dans une explication historique (que les spécialistes me pardonnent et surtout me corrigent s’il y a lieu, je ne suis pas agrégé d’histoire...), tellement le lieu que nous avons visité a eu d’importance dans la génèse de notre société moderne, autant que le Big Bang dans la création de la Terre (j’exagère à peine). Je vais vous parler de l’histoire de la ville de POTOSI et de ses mines d’argent, située sur l’Altiplano, à plus de 4000 m d’altitude, ce qui en fait la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde.

 

L’histoire commence a

u temps des Incas. Ceux-ci connaissent l’existence de filons d’argent dans une montagne mais ne l’exploitent pas car celle-ci est sacrée. Arrivent les Conquistadors, en quête de l’Eldorado. Ils entendent parler de cette fameuse montagne, la trouvent, la nomment le Cerro Rico (le mont riche)

 

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et ni une ni deux se mettent à l’exploiter. Enfin, quand je dis se mettent à l’exploiter, je devrais plutôt dire, se mettent à exploiter les Indiens qui eux exploitent la mine. Au début, c’est fastoche, il y a tellement d’argent, qu’on en trouve à même le sol, quasiment pur. Mais au bout de quelques années, ça se corse, il faut creuser la montagne pour trouver des filons. Aucun problème, les Indiens sont réquisitionnés en masse et obligés de travailler dans les mines plusieurs mois par an dans des conditions qui feraient passer Germinal pour une délicieuse partie de plaisir.

Lorsque le Vatican reconnaît aux indiens le fait qu’ils ont une âme, les Espagnols les remplacent dans les mines par des esclaves noirs, venant d’Afrique.

Pendant ce temps, la ville de Potosi est créée ; d’abord une cité minière, puis l’attrait de l’argent attirant nombre d’aventuriers du vieux continent, une véritable ville, pour devenir au 17e siècle la plus grande ville du monde occidental avec 160 000 habitants (à cette époque, et pour comparer, Londres ne compte que 50 000 habitants, et Paris 40 000).

 

Il part de Potosi des centaines de tonnes d’argent chaque mois vers l’Espagne qui reçoit pendant plus de 150 ans une fortune tombée du ciel.

La mine est tellement prolifique qu’elle donne lieu a des expressions encore en vigueur aujourd’hui : le « vale Potosi » espagnol, a comme pendant le « c’est pas le Pérou » français (à l’époque, Bolivar n’ayant pas encore libéré l’Amérique latine, la Bolivie s’appelle Haut Pérou).

La Couronne espagnole crée à Potosi une Casa de la Moneda (maison de la monnaie), où sont frappées les pièces d’argent valables dans toutes les colonies espagnoles : les reales. A l’instar du billet vert aujourd’hui, la pièce de 8 reales d’argent avait cours dans le monde entier (à noter que les pièces étaient à 97 % en argent et 3 % en cuivre, car l’argent pur était trop mou et on pouvait en gratter des morceaux à la main). C’est dans cette maison que les pièces de monnaie seront frappées en Bolivie jusqu’en 1950. Le comble, c’est qu’après avoir été un des premiers pays d’Amérique du Sud à frapper de la monnaie, la Bolivie fait aujourd’hui frapper ses pièces à l’étranger, au Chili et en France (ils avaient plein d’argent, mais pas du tout de nickel).

 

 

Quelle importance pour le monde occidental ?

La quantité d’argent (au sens métallique du terme) pillée à la Bolivie et convoyée jusqu’à l’Espagne est difficilement imaginable. On disait à l’époque qu’avec tout l’argent des mines de Potosi, on aurait pu construire un pont en argent entre Potosi et Séville (ce qui dans l’optique d’un tour du monde aurait été assez pratique). La valeur marchande en est encore plus difficilement imaginable.

Paradoxalement, ce n’est pas l’Espagne qui en tirera le plus grand bénéfice.

Les Espagnols, profitant de cette manne, adopteront un train de vie fastueux, dépenseront sans compter, ce qui enrichira les artisans de l’Europe entière, et deviendront usuriers, en prêtant beaucoup d’argent aux pays voisins et notamment à l’Angleterre pourtant rivale. Cet afflux ininterrompu d’argent endormira les Espagnols qui jamais ne se lanceront dans les innovations importantes de l’époque. C’est au contraire l’Angleterre puis les pays du Nord (Hollande, Allemagne, France...) qui financeront leur révolution industrielle, indirectement grâce à l’argent des mines de Potosi.

 

 

Quels bénéfices en ont tirés les Boliviens ?

Aucun, les indiens sont massivement morts dans les mines (on disait également à l’époque qu’on aurait pu faire un pont entre Potosi et Séville avec les cadavres des mineurs indiens morts de leur travail) et ont été totalement dépouillés des biens de leurs terres.

 

Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

La Bolivie a nationalisé ses mines dans les années 50. Mais elles ne contenaient quasiment plus d’argent, on exploitait alors les filons d’étain. Les mines ont été déclarées officiellement épuisées en 1992, mais l’état a laissé les mineurs s’organiser en coopératives pour continuer d’exploiter une mine épuisée ! Aujourd’hui, sur 500 coopératives créées en 1992, un cinquantaine est toujours active, employant quelques 10 000 mineurs, travaillant dans les mêmes conditions que leurs ancêtres. Les mieux payés (ceux qui creusent) peuvent gagner 250 euros par mois, mais le prix à payer pour ce luxe est leur faible espérance de vie (environ 45 ans).

 

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D'ailleurs, pour tenir le coup, c'est feuilles de coca et alcool à 96° qu'ils boivent pur !

 

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C’est un sentiment très bizarre de visiter ces mines avec à la fois les mineurs d’aujourd’hui et leurs conditions de vie si dures, et le poids du passé avec l’impact qu’a eu cette mine sur le monde occidental.

Quoi qu’il en soit, je crois que ça restera un moment fort et marquant de notre tour du monde.

 

Voila, j'espere ne pas vous avoir ennuyes. Pour les photos, ça y est, elles sont dans l'album "Bolivie"

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Published by Fabien - dans Bolivie
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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 03:11

 

 

CHACALTAYA :

 

Autant vous le dire tout de suite, sans ménager le suspens et avant de vous parler des quelques jours savoureux que nous avons passés à La Paz, nous avons battu notre record d’altitude (explosé devrai-je dire), et on n’en est pas peu fier.

Jugez plutôt, nous avons escaladé la montagne Chacaltaya (qui fut la station de ski la plus haute du monde avant que le réchauffement climatique ne fasse disparaître son glacier avec 6 ans d'avance sur le prévisions des spécialites et ne la prive de neige skiable), dont le sommet pointe à 5430 m (pour vous donner une idée de l’altitude, dites-vous que c’est près de 500 m plus haut que le Mont Blanc, et imaginez quand vous voyez un avion dans le ciel (un gros, pas un coucou), qu’on était à peu près à mi-chemin entre vous et lui).

 

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Donc ouais, on est assez content de nous, on est de vrais andinistes, on a tous bien marché, même Paul, malgré le froid (Chacaltaya en langue Aymara signifie chemin froid) et le chemin escarpé et plein de rocailles.

 

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Bon, il me faut malgré tout relativiser l’exploit digne de Frison-Roche et Maurice Herzog : le bus nous a laissé à 5100 mètres, il ne nous restait « que » 340 mètres à escalader.

 

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Le temps était malheureusement couvert, et malgré l’extraordinaire panorama qui nous était offert, nous n’avons pas pu prendre toutes les photos que nous aurions voulu.

Pour autant, nous avons pu admirer le Huayna Potosi (6000 et quelques mètres) qui selon notre guide serait la montagne présente sur le logo au début des films Paramount.

 

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Quelques lacs pleins de cuivre ou de fer (d’où leurs couleurs vertes et rouges),

 

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et une magnifique vue sur l’Altiplano, du lac Titicaca jusqu’à La Paz (mais ça, vous ne le verrez pas, car le manque de luminosité ne nous a pas permis de prendre des photos assez nettes).

Une bien belle balade durant laquelle, comme l’Aviron Bayonnais (1er du Top14), nous aurons tutoyé les sommets.

 

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LA PAZ :

 

La Paz est une ville extraordinaire ! Autant jusqu’à présent nous avions préféré les petites villes aux capitales, autant, là, nous avons été emballés par cette ville. Après notre passage à Lima, nous nous méfiions de cette capitale à la réputation sulfureuse, notamment dans son quartier la plus pauvre : El alto, sur le plateau.

 

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Quelle surprise de se retrouver dans une ville très vivante, très joviale, pleine de marchés de petits commerces, et dans laquelle nous nous sommes sentis très en sécurité (nous sommes même allés nous balader le soir, ce qui est extrêmement rare depuis le début de notre voyage).

Les gens, notamment les commerçants sont souriants, agréables, et même s’ils veulent vous vendre leurs produits le plus cher possible (ce qui reste très bon marché), ils restent toujours courtois et ne vous harcèlent pas (comme c’était parfois le cas au Pérou).

 

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Les étals sont d’ailleurs impressionnants, il y a de tout sur les marché : des fruits et des légumes bien sûr, mais aussi et surtout, des instruments de musique andine (sikus (flûtes de pan), flûtes, charangos (petites guitares à 10 cordes)), des vêtements (des centaines de stands vendant des fringues griffées ou pas, des survêts adidas à 15 euros (avant négociation), des ponchos, bonnets ou gants en alpaga pour des prix dérisoires), des chaussures, du dentifrice, du shampoing, de la crème Nivea, des bonbons, du jus de fruits... et même des fœtus de lama et autres objets ésotériques, utilisés par les Boliviens pour faire des offrandes à la PachaMama pour chaque événement important de leur vie. Concernant les fœtus de lama, on les trouve sur le marché aux sorcières, Calle Linares ; un des vendeurs nous a d’ailleurs expliqué qu’on en trouvait facilement, parce que les femelles lamas avaient 3 petits dans l’année, mais pour le troisième, elles étaient trop faibles et le perdaient avant de mettre bas. Apparemment, c’est le must de l’offrande à PachaMama, succès garanti !

 

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Nous avons aussi pu apprécier les bus hors d’âge ainsi que les collectivos bondés (nous on prenait le taxi parce qu’à 5, ça revenait moins cher).

 

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Nous avons également visité la Valle de la Luna, qui en fait était le fond de l’eau à l’époque ou tout l’Altiplano se trouvait sous la mer (le retrait de la mer, lors du choc des plaques tectoniques en créant la chaîne des Andes à donné le lac Titicaca, la Valle de la Luna et le Salar d’Uyuni (entre autres) – les spécialistes de géologie pourront me corriger en cas d’erreur)

 

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On est aussi descendu dans les quartiers chics (et oui, à La Paz, les pauvres sont en haut et ont le joli panorama, mais aussi le froid, et les riches sont en bas (1000 m plus bas quand même), ils n’ont pas le panorama, mais ils ont la douceur du temps), profiter de centres commerciaux à l’occidentale (ça fait du bien de temps en temps de retrouver ses repères) et voir le palais présidentiel du président indio-bolivien Evo Morales (le premier président aymara de Bolivie), ainsi que sa résidence.

 

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Une première semaine en Bolivie bien remplie, on attend la suite avec impatience...

 

PS : d'autres photos dans le nouvel album Bolivie

 

 

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