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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 20:08

Certains viennent sur l’île pour 2 jours, d’autres pour 4, nous avions décidé d’y passer une semaine. D’abord parce qu’avec les cours des enfants on n’a moins de temps disponible pour visiter, ensuite parce qu’on n’est pas des rapides et que pour nous imprégner des lieux il nous faut plusieurs jours.

Le premier contact s’est fait de manière plus qu’agréable,  lectrice assidue du blog d’Emma quand elle était à Tahiti (maintenant qu’elle est  en Alsace aussi d’ailleurs, pour préparer nos futures vacances ;-)) j’avais déjà été alléché par la description des glaces artisanales de « Mikafé » l’unique glacier de l’île. Plusieurs témoignages concordants nous ont poussé à tester (eh oui il faut le savoir, en tour du monde, il faut aussi savoir payer de sa personne. Devoir goûter des glaces à quelques jours de l’exhumation de nos maillots de bains, perdus au fond du sac à dos, fait partie des épreuves que nous envoie la vie, mais nous les affrontons avec courage;-)). Eh bien ... On confirme, ils font la meilleure glace au chocolat que je n’ai jamais goûté, (alliance parfaite du chocolat amer avec juste ce qu’il faut de sucre), le parfum after-eight est une tuerie (pas la banale glace à la menthe avec des copeaux de chocolat, non le vrai goût des after eight), le marron glacé idem (ben oui, ici aussi c’est bientôt Noël et les after eight et les marrons glacés : J’ADORE. Les manger en glace et qu’ils aient le même goût HUMMMM) (bon au retour faut vraiment que je me remette au sport, le fait est qu’en prenant de l’âge les calories sont plus difficiles à évacuer et comme je n’ai pas l’intention d’arrêter de manger...). Pendant la semaine on a pu, goûter, comparer et valider, on n’a pas eu le temps matériel pour tout tester, on reviendra ! Bon je vous l’accorde il faudra nous croire sur parole parce que c’est  pas la porte à coté, mais si des Polynésiens (qui viennent en vacances ici comme nous on va passer le week-end à Bordeaux...) passent par ici, qu’ils n’hésitent pas c’est une excellente adresse.

 

 

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(Là j'étudie le parfum à manger en premier)

 

Après cette délicieuse glace nous décidons d’aller faire une petite balade. Pas facile, on est levé depuis 6 heures du mat. 5 heures d’avion depuis Santiago du Chili, 2 heures de décalage horaire, en plus ici le soleil cogne vraiment très, très fort, on n’est plus trop habitué à la grosse chaleur et personne ne veut marcher plus de 10 minutes... ça tombe bien le premier alignement de moaïs n’est qu’à quelques dizaines de mètres, on tombe dessus et c’est  juste fabuleux !

 

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 On a beau avoir vu des centaines de photos, le fait d’y être « pour de vrai » c’est vraiment autre chose. Il émane de ces statues une force palpable, ce doit être le « mana » (puissance surnaturelle) qui vient jusqu’à nous à travers les siècles.

Nos visites s’enchaînent pendant ces 7 jours :

Tour de l’île avec une guide, qui va nous donner quelques « clés » connues pour la déchiffrer (parce qu’il y a encore beaucoup de zones d’ombres, la culture Pascuanne étant une culture de tradition orale, le savoir s’est presque complètement éteint avec leur quasi disparition).

Balade autour du volcan Rano Kau et dans le site d’Orongo lieu de culte de « l’homme oiseau » (qui a remplacé le culte des moaïs), (même qu’on s’est encore perdu, et que personne n’a songé à accuser l’autre...)

  

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Location d’une voiture pour aller voir le levé de soleil et faire le tour des sites sous leurs meilleurs éclairages.

 

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On aura juste zappé la balade à cheval (au désespoir des enfants... moins du mien ;-)) mais il faisait vraiment trop chaud et le soleil ici est trop dur pour nos petites peaux qui viennent de passer plusieurs mois sous les polaires !

L’île n’est pas une île paradisiaque, ambiance cocotier et sable blanc, elle est néammoins  très belle, il y règne une atmosphère particulière. Quand on connaît l’histoire de ce peuple, décimé par les guerres, la famine, l’esclavagisme, l’évangélisation... Humilié par le Chili (ils ont obtenu le droit de vote et de voyager qu’en 1960 !!!). Ils donnent la sensation de renaître de leurs cendres, ils ont su préserver leur culture, leur langue et grâce au tourisme, ils dépassent maintenant le niveau de vie du Chili, sans vendre leur âme au diable (pourvu que ça dure !), en se servant du tourisme pour faire rayonner leur culture. Pour toutes ses raisons c’est une île très émouvante, ici on s’est senti plus en vacances qu’en tour du monde, il me tardait l’Océanie pour cette ambiance, je ne suis pas déçue !

 

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PS : Pour continuer le cours « j’apprends à dire île de Pâques en plusieurs langues » merci de vous référer à la méthode Assimil, car ce soir nous décollons pour la Polynésie. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!

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Published by carole - dans Chili
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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 15:58

Ben voilà, nous y sommes. Encore un bout du monde. L’île de Pâques. Dire que ça nous fait drôle d’être là est un doux euphémisme. L’île de Pâques, c’est un (petit) bout de caillou perdu au milieu de rien.

à 4000 km à l’ouest : rien

à 4000 km à l’est : rien

à 4000 km au nord : rien

à 4000 km au sud : rien

On se demande d’ailleurs comment les explorateurs sont tombés dessus (d’ailleurs, ils ne sont tombé dessus qu’au 18e siècle). L’île de Pâques au milieu du Pacifique, c’est un peu l’aiguille au milieu de la botte de foin.

Mais l’île de Pâques, c’est surtout ces alignements de grandes statues de pierre dressées : les Moaïs

 

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A ce stade, et avant d’aller plus loin, il convient de vous raconter un brin d’Histoire - avec un grand H, même si rien de ce que je m’apprête à vous raconter n’est sûr, vu que la tradition orale des pascuans a pris un sacré coup pendant les massacres du 19e siècle. Ces précautions étant prises, allons-y.

Les premiers habitants de l’île sont arrivés il y a environ 1500 ans, probablement en provenance des Marquises. Le premier roi dont je vous épargnerai le nom aurait débarqué avec son grand bateau digne de l’arche de Noé sur la plage d’Aka Tena et aurait découpé l’île en une douzaine de tranches (comme un cake) dans lesquelles chacun de ses fils auraient créé son clan.

A cette époque aurait commencé le culte des moaïs. Ces statues de pierre étaient taillées puis édifiées à la mort du chef d’un clan. Pour économiser le bois, les corps des chefs de clan n’étaient pas brûlés mais mis à sécher pendant 2 ans, ce qui laissait donc 2 ans pour tailler, transporter et dresser le moaï. Les plateformes ayant plusieurs moaïs représentent donc plusieurs générations. Pour montrer sa puissance, chaque clan érigeait des moaïs de plus en plus grands.

 

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Savez-vous ce que signifie le terme Moaï ? Selon notre guide Cathy, il est composé de « Mo » et de « aï » (jusque-là on est d’accord) qui signifient « phallus » et « prêt à travailler » (autrement dit, bite au garde-à-vous, ou verge en érection si vous préférez), ce qui veut dire qu’on n’a rien inventé et qu’au jeu de « t’as vu, j’ai un kiki plus gros que toi ! », les pascuans nous ont précédé de 1500 ans, nous, on a juste remplacé les moaïs par des 4x4 ! Quant au chapeau, il représente la vulve (remarquez que la femme est représentée au-dessus de l’homme, ce qui est rarissime dans les civilisations), et donc, le moaï avec son chapeau représente la fertilité.

L’âge d’or de l’île et du culte des moaïs a duré près de 1000 ans, mais au 17e siècle, une surpopulation de l’île aurait déclenché des guerres entre les clans.

 

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Ces guerres ont mis brusquement un terme au culte des moaïs – il reste d’ailleurs dans la carrière de moaïs près de 80 statues en cours de fabrication. Il fut remplacé par le culte de l’homme-oiseau, illustré par de pétroglyphes sur les rochers et dont le sanctuaire se situait sur le site d’Orongo au faîte du volcan Ranu Kau. Cette période coïncida avec une forte décadence du peuple pascuan (les ressources naturelles étaient quasiment épuisées, et la population encore trop nombreuse diminuait).

Le 19e siècle avec les missionnaires évangélistes et les esclavagistes sud-américains donna à grands coups de fusil le coup de grâce à la culture pascuane.

Jusqu’au début des années 60, où la population s’est réduite à une grosse centaine d’individus, les pascuans n’avaient pas de droit de vote ; ils étaient même parqués dans leur village d’Hanga Roa qui étaient entourés de barbelés, tandis que l’état chilien louait des concessions aux éleveurs de moutons anglais qui élevaient leurs bêtes sur le reste de l’île.

Aujourd’hui, l’île vit quasi exclusivement du tourisme et malgré leur histoire tourmentée, les pascuans n’ont pas de rancœur et ont une douceur de vivre à faire passer les sud-américains pour des gens stressés.

Bon, voilà, le décor est planté. C’est important pour comprendre l’île, sinon, ça se résume à quelques statues de pierre et une carte postale suffit...

Mais revenons-en à nous, parce que je sais bien que c’est ce qui vous intéresse le plus (non ? ah bon – vanité, quand tu nous tiens...).

Un peu comme Ushuaïa, la beauté de l’île tient plus de ce que l’on y ressent que de ce qu’on y voit. L’île est belle, c’est certain ; elle ressemble par ces côtes volcaniques découpées aux îles Galapagos.

 

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Les cratères des volcans sont magnifiques

 

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et il y a de jolies balades dans plusieurs recoins qui valent le détour.

Il y a meme une plage de sable fin.

 

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Mais se trouver devant l’alignement des 15 moaïs sur l’Ahu Tongariki est vraiment impressionnant.

 

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Ces 15 colosses, tels une équipe de rugby pendant les hymnes, qui se tiennent-là, impassibles (pas tout à fait impassibles, ils avaient été mis à bas par les guerres intestines, déplacés par un tsunami, puis remis en place grâce à la générosité d’un mécène japonais) malgré les siècles, feraient passer le haka le plus terrible des All-Blacks pour une douce farandole.

 

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Et que dire du coucher de soleil face à l’Ahu Tahai et son moaï à la tête découpée. Quant à la carrière sur les flancs du volcan Rano Raraku, c’est tout simplement magique de voir ces statues en cours de façonnage, immobiles, témoins muets de ce qui s’est passé ici depuis des siècles.

 

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Oui, cette île est mystique....

 

Et pendant ce temps-là... Paul prend des photos de sa bouche (y a du boulot pour les orthodontistes...)

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D'autres photos (de l'ile, pas de la bouche de Paul) dans l'album Chili

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Published by Fabien - dans Chili
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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 03:38

Après avoir touché le fond de notre voyage (d’un point de vue géodésique s’entend), nous remontons tranquillement vers le nord, en direction de latitudes plus clémentes. Nous profitons de notre transit au Chili pour faire une petite escapade en Patagonie chilienne, à Puerto Natales exactement.

 

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Puerto Natales est un petit bourg bien tranquille qui sert essentiellement de base arrière à deux attractions majeures : soit la croisière en ferry qui remonte jusqu’à Puerto Montt en 4 jours à travers les fjords sudistes du Chili, soit la Mecque de la randonnée, l’Eden du trek, le Nirvana de la marche à pied : le Parc Torres del Paine. Comme nous avions initialement prévu d’effectuer la croisière, nous choisissons évidemment... le Torres del Paine.

Les deux premiers jours à Puerto Natales sont consacrés aux devoirs. On met les bouchées doubles pour rattraper les quelques séances de retard qui se sont accumulées, surtout que l’objectif est de prendre un peu d’avance pour s’accorder 2 semaines de vacances pour profiter au maximum de la Polynésie dans moins d’un mois. Mathilde et Louis « s’y filent » ; ils ont acquis une certaine autonomie et arrivent quasiment à boucler tous les cours tout seuls. Pour Paul, c’est un peu plus laborieux. Difficile pour lui de considérer maman comme la maîtresse et de garder la concentration nécessaire, mais bon, il avance quand même et son programme est moins dense que celui des grands, on a le temps de prendre le temps.

Le troisième jour, après avoir pris conseil auprès de la patronne de l’hôtel, nous nous décidons à passer 2 jours et une nuit sur le parc. Nous aurions pu, par souci d’économie faire seulement un tour du parc en voiture et prendre quelques photos, mais ne pas marcher au moins un peu dans ce parc aurait été une hérésie.

Nous roulons une petite heure avant d’arriver à la fin de la route asphaltée. Au bout de quelques kilomètres de ripio, nous arrivons à l’entrée du parc où nous nous délestons de quelques dizaines de milliers de pesos chiliens (ça fait bizarre tous ces 0, 1000 pesos valent à peu près 10 francs (pour ceux qui ne savent pas combien valent 10 francs, demandez à vos parents)). Nous continuons à rouler dans le parc ; la route serpente entre des lacs, des collines, des troupeaux de guanacos -l’espèce est particulièrement protégée dans le parc, et du coup, il y en a tellement qu’il faut faire attention à ne pas en percuter.

 

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Nous apercevons des arbustes aux fleurs rouges ou oranges magnifiques. Malheureusement les sommets jouent à cache-cache dans les nuages.

Nous arrivons au bord du lac Pekoe, ou un catamaran doit nous amener au refuge où nous devons passer la nuit. Au moment où nous embarquons, le ciel se dégage subitement et laisse apparaître les montagnes, majestueuses, Le Paine Grande, les Cuernas del Paine, mais pas les Torres del Paine, qui elles se méritent – on ne peut les voir qu’après quelques paires d’heures de marche.

 

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Nous arrivons vers 12h30 au débarcadère et filons poser nos sacs au refuge où nous allons passer la nuit. Le prix de ce refuge est plus que prohibitif Attention coup de gueule – Nous paierons chacun (Paul compris) environ 35 euros pour un lit en dortoir, sans draps, sans couvertures, serviettes de toilettes non comprises et petit-déjeuner non plus, et avec toilettes et douches à l’opposé de notre dortoir. OK, le site est grandiose, OK, les touristes étrangers sont aussi là pour faire rentrer des devises, OK, on a beau jeu de râler alors qu’on dépense une fortune pour faire un tour du monde MAIS, les prix sont complètement en décalage notamment avec le niveau de vie des Chiliens (qui pourtant n’a rien à voir avec celui des Boliviens), ce qui les prive de l’accès à une merveille qui leur appartient, et de fait, alors que nous avons rencontré énormément de randonneurs, il n’y avait quasiment aucun sud-américain, MAIS il y a d’autres sites aussi grandioses à travers le monde, dont certains que nous avons parcourus durant notre périple (chutes d’Iguazu, désert du Sud-Lipez, Machu Picchu...) et jamais nous n’avons atteint ces niveaux de prix.    

Nous prenons notre pique-nique (que nous avions acheté à Puerto Natales, rapport que dans le Parc, on se fait tondre partout...) et partons pour une balade direction le campement italien. La balade, selon les plans du parc doit durer environ 4 heures aller-retour. Le sentier est très agréable, très varié. Les paysages sont vraiment magnifiques ; nous surplombons les eaux turquoises du lac Pekoe,

 

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nous longeons le Paine Grande et apercevons là-haut, très haut un condor.

 

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Au passage d’un petit col, le paysage change, un autre lac avec des couleurs différentes apparaît, et ce sont les Cuernas del Paine qui nous font face.

 

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Après un peu plus de 2 heures (on s’est pas mal arrêtés pour prendre les photos), nous traversons un torrent et sommes face au glacier « El Francès » qui descend d’un versant du Paine Grande.

 

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C’est tout simplement beau. On en oublie le prix que nous avons dû payer. Suprême privilège, nous boirons l’eau de la rivière sans aucun problème (bon, l’eau était à 3°C, et j’ai mis une heure à ranimer la main que j’avais plongée dedans).

Après un bon goûter, nous repartons vers le refuge. Nous arriverons au bout de 4h30 (photos et goûter inclus), et les enfants nous épateront. A la fin, Louis et Paul couraient, alors que leurs parents commençaient à en avoir plein les pattes.

Après une bonne nuit de sommeil (ce qui est la moindre des choses), nous repartons pour une balade de 3 heures (il fallait être revenu au débarcadère pour prendre le bateau retour à 12h30). Nous partons cette fois en direction du lago Grey et de son glacier. Le sentier est un peu plus ardu que la veille, mais là aussi, tout le monde marche vaillamment. La principale difficulté consiste à adapter sa tenue à la température. Nous partons avec 2 polaires et un coupe-vent (il fait 4°C au départ). Nous enlevons rapidement la première polaire, puis successivement, en fonction de si on est à l’abri du vent ou non, on enlève le coupe-vent, on remet le coupe-vent, on enlève le coupe-vent, on enlève la polaire, on remet la polaire, on enlève le bonnet, on met le chapeau, on enlève le chapeau, on met le bonnet, on remet le coupe-vent... On est finalement récompensé de nos efforts lorsque apparaissent d’abord des icebergs dans le lac,

 

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puis le glacier Grey.

 

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Le paysage est époustouflant, le parc magnifique. Dommage qu’on ne soit pas resté plus longtemps pour faire la randonnée du « W » qui dure 5 jours et permet d’accéder aux plus jolis points de vue du parc (nous n’avons pas vu les Torres par exemple). Peut-être pour la première fois du périple, nous avons ressenti une forte envie de revenir en ce lieu, pour « approfondir » ce que nous en avions vu.

 

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Vous qui aimez la marche, venez faire un tour par le Parc des Torres del Paine au Chili, vous ne serez pas déçus (mais pensez à mettre suffisamment de sous de côté), c’est vraiment, top niveau mondial.

 

quelques photos de plus dans l'album "Chili"

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Published by Fabien - dans Chili
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