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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 13:19

Quand nous arrivons à Kathmandou il y a quelques semaines, notre premier réflexe est, après le cuisant échec lors de notre tentative à Hong-Kong, de nous renseigner pour l’obtention du visa chinois. Comme nous ne voulons pas prendre de risque, nous nous renseignons auprès d’agences, habituées à ces démarches, même si bien sûr, le prix des visas est du coup supérieur.

Bien nous en prend puisque les agences, non seulement nous indiquent qu’il n’y aura aucun problème, mais en plus nous demandent si on ne veut pas passer par le Tibet avant de rejoindre Pékin. A la question : « mais, le Tibet n’a-t-il pas été verrouillé récemment par les autorités chinoises ? », le réponse fuse :  « c’est vrai, mais ils recommencent à délivrer des permis pour le Tibet depuis 2 semaines, sans qu’on sache pourquoi la situation s’est subitement débloquée. »

On n’en croit pas nos oreilles, va-t-on pouvoir réaliser notre rêve (enfin, un rêve de plus !!!) et traverser le Tibet ?

Bon, on est vite calmés quand la première agence nous annonce le prix pour une excursion de 10 jours au Tibet : 1 600 dollars US par personne, incluant le transport en 4x4 privé, l’hébergement, les visas, les permis et le train Pékin-Lhassa, ou 1000 dollars pour la même chose en bus de 50 places; même si l’euro est aussi vigoureux que l’ex-patron du FMI, ça fait chérot, à moins que l’on n’abandonne les enfants à Kathmandou. Heureusement, au fur et à mesure qu’on consulte les agences, les prix diminuent, et on finit par accepter une excursion de 8 jours, en 4x4 pour la moitié du prix initial, ce qui fait à peine un peu plus cher que de se rendre de Kathmandou à Pékin en avion.

Nous laissons donc un généreux acompte de 2000 dollars plus nos passeports à l’agence et nous partons tranquillement pour Pokhara et les aventures que vous connaissez. Pendant ce temps, l’agence se charge des formalités avec les autorités chinoises (enfin, on espère, parce qu’avec un revenu moyen par habitant au Népal de 100 dollars par mois, si le gars de l’agence se tire avec nos sous et notre passeport, il peut vivre peinard pendant un moment...).

Au retour du trek, la bonne nouvelle nous attend sous la forme d’un mail nous informant que le visa pour la Chine nous a été accordé – un visa « de groupe » (le groupe, c’est nous 5) de 25 jours (5 de plus qu’il nous en faut), avec permis pour le Tibet. Bien sûr, la condition, c’est qu’on soit accompagné d’un guide-chauffeur pendant tout le séjour (de toute façon, je n’avais pas l’intention de conduire), sauf un jour à Lhassa où nous serons « libres ». Et aujourd’hui, on a récupéré passeports, visas, et payé le solde du séjour (espérons que le guide viendra bien nous chercher demain...).

Bref, on est super contents, demain, on part pour le Tibet, à la recherche du yéti. On est bien conscient qu’on y verra que ce qu’on veut bien nous y montrer, mais bon tant pis, je pense que ce seront 8 jours extraordinaires, avec en prime, un petit trot sur les rampes de l’Everest à 5 000 m d’altitude.

 

ON VA AU TIBET !!!!!!

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 10:08

Jour 1 : Pokhara – Nayapul – Tikhedungga

Altitude départ : 800 m

Altitude arrivée : 1 480 m

Voilà nos petits soucis gastriques enfin terminés. Après avoir repoussé 4 fois notre départ au lendemain, nous sommes sur le pied de guerre. Pas de grève prévue aujourd’hui (il y en a une environ un jour sur deux actuellement au Népal, pour revendiquer un changement de constitution promis par le gouvernement depuis des lustres et sans cesse remis à plus tard), rien ne nous empêchera de partir. Nous avons choisi le trek dit de Poon Hill, en 6 jours. C’est la même boucle que le célèbre trek du Sanctuaire des Annapurnas, sans l’aller-retour de 4 jours permettant d’accéder au camp de base. Nous avons mis tous les atouts de notre côté en engageant un guide et deux porteurs. Les papiers sont en règle, permis de trek et déclaration à jour ; en route !

Nous embarquons dans le mini-van qui nous emmène jusqu’à Nayapul, point de départ de la ballade. Pendant l’heure de route, nous sommes un peu inquiets de l’état de santé de Carole. Certes, il s’est considérablement amélioré, mais aura-t-elle suffisamment récupéré pour enchaîner les jours de marches ?

En tout cas, nous sommes tous motivés par la marche, après plusieurs jours bloqués à l’hôtel.

Une fois le point de contrôle passé à l’entrée du parc, nous démarrons l’ascension.

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Durant (salut Martine...) les premiers kilomètres, nous longeons une succession de petites échoppes et restaurants, au cas où on aurait oublié de l’eau, des gâteaux, du papier toilette, des couteaux suisses, des souvenirs, des moulins à prière, des châles 200% pashmina... Puis nous quittons (enfin) la civilisation, et à l’instar de DSK, pénétrons un nouveau pays (oui, bon ok, celle-là, elle est un peu lourde...) qui n’a rien à voir avec ce que nous avions connu jusqu’ici, à Katmandu ou Pokhara.

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La montée est tranquille et nous permet de bien nous chauffer, et surtout, à Carole, de bien récupérer. Nous nous arrêtons déjeuner pour notre premier dal bhat (que je n’oserais pas manger avec les doigts comme les Népalais), puis repartons. Après 2h30 de marche au total, nous arrivons déjà au terme de notre première étape. Il est 14 heures, nous ne sommes même pas fatigués, presque frustrés de s’arrêter déjà. Notre frustration s’arrête net lorsque 10 minutes plus tard éclate un orage qui aurait douché (c’est le cas de le dire) l’enthousiasme des aventuriers les plus intrépides.

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Nous occupons notre après-midi à lire, discuter, impatients de repartir le lendemain. Le soir, Paul fait une démonstration de danse népalaise et se met le guide, les porteurs et le personnel de la guesthouse dans la poche.

 

Jour 2 : Tikhedungga - Ghorepani

Altitude départ : 1 480 m

Altitude arrivée : 2 900 m

Départ à 7 heures du mat. Un gros dénivelé nous attend aujourd’hui. Heureusement, après une bonne nuit de sommeil, tout le monde est en pleine forme. Avec un moral à toute épreuve. Cette partie du sentier est appelée ’’Stone steps trail’’, le trek des marches de pierre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le nom n’est pas usurpé, puisque en dehors d’une petite descente d’une vingtaine de mètres, nous passerons la journée à monter des marches. La carte du trek nous indique qu’il y en a 3 280. Je peux pas confirmer, je me suis arrêté à 17. Nous avançons malgré tout d’un bon pas. Nous évitons de regarder vers le haut tellement l’escalier semble sans fin et au contraire conseillons aux enfants de se concentrer uniquement sur leurs pas, d’en faire un après l’autre, sans être impatients d’arriver, et que finalement, à un moment donné, ils auront atteint l’objectif (remarquez au passage le talent éducatif des parents qui utilisent une épreuve physique basique pour illustrer une leçon de vie simplissime, mais ô combien vraie...).

Au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude, les paysages deviennent grandioses.

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Nous apercevons même pour la première fois l’Annapurna Sud et le mont Hiunchuli.

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Les enfants grimpent d’un bon pied, Paul est devant avec Louis, et même Mathilde apprécie. Lors d’une pause, après une montée particulièrement raide, nous contrôlons notre pouls, et avons la surprise de constater que si nous sommes tous aux alentours de 140 pulsations par minute, Paul culmine à 100 puls/min. Tu m’étonnes qu’il arrête pas de parler pendant qu’on cherche notre souffle !!!

Nous finissons par arriver au bout (ben ouais, on vous l’avait dit, un pied devant l’autre, et on finit toujours par arriver) et le guide nous indique un refuge top luxe (top luxe signifie ici avec salle de bain partagée mais à l’intérieur du bâtiment et poêle dans la salle commune) avec une vue imprenable sur la chaîne des Dhaulagiri et Annapurnas (enfin, on imagine, parce que l’après-midi, c’est couvert). 

Ce coup-ci, nous sommes bien fatigués par nos 6 heures de marche et nous requinquons avec un bon chocolat chaud et des crêpes au miel. On a un peu peur d’avoir mal aux jambes demain, avec toutes les marches gravies.

Nous rencontrons un couple de jeunes Québécois en tour du monde eux aussi, et qui en sont à leur 24e jour de trek.

Après avoir dîné, nous partons nous coucher à 19h30, car demain, c’est lever à 4h du mat.

 

Jour 3 : Ghorepani - Tadapani

Altitude départ : 2 900 m

Altitude arrivée : 2 630 m

Nous nous levons à 4h. Objectif, monter à Poon Hill, à 45 minutes de marche au-dessus de Ghorepani, d’où l’on a une vue exceptionnelle sur la chaîne des Annapurna et le Dhaulagiri et où le lever de soleil est à couper le souffle (parait-il). Nous laissons Paul au lit (il n’est pas motivé pour se lever si tôt, et nous repasserons au refuge prendre le petit-déj) et commençons à grimper. La bonne surprise, c’est qu’on n’a pas mal aux jambes. L’autre bonne surprise, c’est qu’il ne fait pas froid. La mauvaise, c’est que comme on s’est habillé comme si il allait faire -15, on est vite en nage. On monte malgré tout facilement et arrivons à temps pour voir les premières lumières du jour jouer avec les sommets. Le temps est dégagé et le spectacle vraiment beau. Ça valait la peine de se lever si tôt.

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On voit très bien le Dhaulagiri (à gauche) et ses 8172 m d’altitude, l’Annapurna Sud et ses 7219 m seulement (c’est celui qui à l’air d’être le plus haut, mis c’est juste parce que c’est le plus proche), l’Annapurna I et ses 8091 m (à gauche de l’Annapurna Sud) et le MacchaPucchre (le plus pointu tout à droite) qui culmine à 6997 m et qui est mon préféré.


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Nous ne sommes pas les seuls, mais on passe un bon moment là-haut (à 3200 m, point le plus haut du trek).Ces hautes montagnes sont vraiment très impressionnantes !!!

Une fois le soleil levé, la vue est moins spectaculaire car on voit les montagnes à contre-jour. Nous décidons donc de redescendre prendre un bon petit déjeuner et surtout récupérer Paul qui nous avouera ne pas avoir été rassuré de rester seul au refuge.

Vers 8 heures, nous reprenons la route. Après une montée jusqu’au col de Deurali (à peu près aussi haut que Poon Hill) nous offrant de beaux panoramas, nous entamons la descente et entrons dans la forêt de rhododendrons. Après 4 heures de marche, nous arrivons au refuge de Tadapani, choisi par le guide. Au bout de quelques minutes, après notre arrivée et comme 2 jours auparavant, l’orage éclate et la température baisse. Le refuge n’est pas du tout isolé, il y a plein de courants d’air. On passe un après-midi affreux à ne pas pouvoir sortir et surtout à se geler. On se couche tôt, mais l’isolation phonique est à l’image de l’isolation thermique, inexistante. Du coup, on partage les conversations de nos collègues chiliens, canadiens, allemands, des guides et des personnels du refuge. Heureusement, tout le monde se tait vers 21 h et nous arrivons à nous endormir, dans nos sacs de couchage recouverts d’une épaisse couverture.

 

 

Jour 4 : Tadapani - Jhinu

Altitude départ : 2 630 m

Altitude arrivée : 1 780 m

Nous quittons sans regret notre refuge. Ce matin, le ciel est de nouveau dégagé et nous offre un panorama sur l’Annapurna Sud.

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Pour la première fois, nous ressentons des courbatures aux mollets. Nous ne ressentons pas encore de fatigue et attaquons la ballade avec enthousiasme. Nous ferons essentiellement de la descente. Des marches, des marches, et nouveauté aujourd’hui, des franchissements de vallée sur des ponts suspendus plus ou moins rassurants... On se prend pour Indiana Jones (mais pas avec le bon chapeau).

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Pour corser un peu le périple, le guide nous explique que les chiens que l’on trouve sur le chemin appartiennent aux paysans et protègent les moutons des tigres... car il y a des tigres dans le coin. Dès lors, notre balade s’apparente à une véritable aventure !!! (rassurez-vous, on ne verra pas l’ombre de l’ombre d’une trace, mais on apercevra quand même des singes). Nous arrivons sans problème à Jhinu où le refuge semble bien mieux que la veille. Nous nous offrons un peu de rab avec Paul et Louis et descendons aux sources d’eau chaude pour une petite baignade bien agréable dans les piscines aménagées au bord du torrent.

 

Jour 5 : Jhinu - Tolka

Altitude départ : 1 780 m

Altitude arrivée : 1 700 m

Ne vous fiez pas comme nous à l’altitude de départ et d’arrivée de l’étape du jour, pour croire que ce sera à peu près plat toute la journée. Nous arriverons effectivement à peu près à la même altitude qu’au départ, mais après avoir changé 2 fois de vallée, ce qui signifie, descendre 2 fois jusqu’à la rivière et remonter 2 fois, de 400 m de dénivelé environ chaque fois. La fatigue commence également à se faire sentir, et on doit être vigilant à chaque pas pour ne pas glisser, trébucher ou se faire mal. Malgré tout, la journée se déroule bien et on arrive assez tôt dans un refuge très confortable à Tolka. Comble du confort, il y a même une salle de bain privée dans les chambres ! Il y a également un grand jardin dans lequel les enfants peuvent jouer, enfin, les grands, parce que Paul qui a du mal à gérer la fatigue nous offre un beau pétage de plomb. Une heure à écouter Sol en Cirque avec maman suffira à le calmer. Pendant ce temps, j’explore un peu les alentours du refuge et constate qu’ici, ils vivent non seulement du tourisme, mais aussi de l’agriculture... qui fait rire.

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Jour 6 : Tolka – Phedi – Pokhara

Altitude départ : 1 700 m

Altitude arrivée : 1 130 m

Nous sommes prêts à partir pour ce dernier jour à 7h. Au programme, une montée de 400 m jusqu’à Deurali puis longue descente jusqu’à Phedi où doit nous récupérer le van qui nous avait emmené le premier jour. Malgré la fatigue, nous marchons d’un bon pas et arrivons au col au bout d’une heure. Tout le monde est vraiment heureux de marcher, personne ne râle. Nous sommes très surpris par l’attitude des enfants depuis 6 jours. Ils semblent adorer le trek. Surtout Mathilde. Alors que jusqu’à présent, il fallait déployer des trésors d’imagination pour les motiver à marcher plus de 2 heures. Il faut reconnaître aussi que le cadre de la randonnée a été très spectaculaire et très agréable tout le long. En descendant, nous arrivons à des altitudes plus peuplées, où les paysans labourent les rizières en terrasse. Les derniers hectomètres sont un peu difficiles car le mal aux jambes associé à l’impatience d’en finir se fait sentir. Nous croisons quelques groupes qui démarrent leur trek en sens inverse. Nous finissons par arriver à Phedi et nous posons à un débit de boisson où ils ont mis du poisson et des abats à sécher (un peu rude le retour à la civilisation).

Le van nous récupère et nous remmène à Pokhara où nous retrouvons de nouveau un monde complètement différent, plus bruyant, plus agité, plus pollué...

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Ce trek restera un moment fort de notre voyage. Nous avons choisi la bonne durée, car nous avons bien tenu la distance (grands et petits) et avons éprouvé beaucoup de plaisir pendant toute la randonnée. Nous ne regrettons pas de ne pas nous être approché davantage du Sanctuaire de Annapurnas, d’autant qu’un autre géant nous attend...

 

 

PS : l'album du Népal est enfin en ligne, avec plein de photos de Katmandu, Pokhara et du trek

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Published by Fabien - dans Nepal
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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:22

Je sors de mon lit rassemblant toute mon énergie pour vous narrer nos dernières aventures. C’est dur mais la réalité journalistique doit s’accompagner de quelques sacrifices.

Comme l’annonce mon titre sans ambiguïté, nous sommes malade. Par « nous », j’entends, Fabien et moi. Louis qui somatise toujours quand un membre de notre expédition est atteint, souffre aussi (quand Mathilde s’est blessée au pied en Nouvelle Zélande, il a eu mal à la jambe pendant exactement la même période qu’elle. Il avait réellement mal, à tel point qu’on lui a proposé l’amputation plusieurs fois !).

Mais revenons-en à notre sujet, dimanche dernier, nous sommes allés manger dans un restau à Pokhara. Nous qui privilégions depuis le départ les gargotes de rue, ici, vu les normes d’hygiène en vigueur, on joue la sécurité et on ne va que dans des restaus pour touriste ... on n’est pas déçu ! La faute à pas de chance, on a mangé des crudités certainement mal lavées (pourtant sur la carte y’a bien écrit que l’eau qu’ils utilisent est traitée.), et on a attrapé une infection intestinale. Pour Fabien ça a duré 2 jours (depuis il se regoinfre allégrement), pour moi, c’est plus long. Après une « rémission » d’une journée, la fièvre est apparue, la diarrhée a repris. Ça fait maintenant 5 jours que je me traîne de mon lit aux toilettes et que je me force à avaler 5 cuillères de riz blanc... En désespoir de cause et ayant utilisé plus d’imodium que dans ma vie toute entière, hier on est allé aux urgences. Au Népal.

J’veux rentrer chez moi, voir mon docteur !!!

Heureusement, le taxi qui nous y a conduit nous a pris sous son aile et s’est occupé de nous toute la matinée. Il nous a conduit dans le bon service, il a fait le traducteur, il est allé chercher les médicaments (ici le médecin fait une prescription, de médocs, d’analyses, puis il faut aller à la pharmacie acheter le nécessaire (les gants, les seringues, les perfusions...)), il a aussi fait le pied de grue devant le labo d’analyse pour qu’ils aillent plus vite. Une vrai nounou et heureusement qu’il était là, sinon je pense qu’on y serait encore. Il s’appelle Krishna, ça ne s’invente pas !!!

 Tout ce que vous pouvez imaginer sur les urgences au Népal est vrai. Une grande pièce commune avec 15 lits, sur le mien il n’y a pas de draps, (juste un matelas recouvert de skaï) mais finalement c’est mieux, car ils ne les changent pas entre 2 patients (j’espère juste qu’ils désinfectent le skaï de temps en temps). Des paravents ??? Pour quoi faire, ça occupe de voir la mémé agoniser sur le lit d’à coté ! Les infirmières (en formation, ça a son importance) qui passent de l’un à l’autre sans se laver les mains (moi j’ai de la chance, elles mettent les gants que le médecin a prescrit). 2 wc, bien sur un à la turque (qui sont à l’Asie ce que le confit de canard est au sud ouest) et un normal, les 2 d’une propreté douteuse dés le matin...

On doit me perfuser pour me réhydrater, après une prise de sang laborieuse car l’infirmière ne trouve pas mes veines (ça j’ai l’habitude, c’est pareil en France), elle appelle le médecin pour lui montrer son impuissance, celui-ci regarde mes bras et me demande si je me drogue... Quand je lui dis que non, il me demande si c’est sûr ! Je sens qu’on va bien s’entendre tous les 2 ! L’infirmière m’enfonce une aiguille dans la main, elle me fait un mal de chien. Je pleure sur mon lit, de douleur, d’impuissance, d’être là, de ce voyage qui n’en finit pas. Elle abandonne l’idée de la perf et me donne une solution de réhydratation à boire directement. On me donne 2 micro-flacons dans lesquels je dois mettre de l’urine et des selles... Grand moment de solitude devant la taille des flacons, là il va falloir que je sois inventive !!!

Pendant 2 heures, c’est un défilé permanents de gens beaucoup plus atteint que moi, des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, une vraie étude sociologique. Au bout de 2 heures, le verdict tombe, c’est bien une infection, mais ils ne savent pas si c’est un virus ou une bactérie. « Forcez-vous à manger, laissez tout partir (ben tiens, il est rigolo, de toute façon je peux pas faire grand-chose d’autre !) »

La journée se passe un peu mieux, par contre la nuit n’est pas terrible. Au petit matin j’en peux plus et je décide de prendre les antibiotiques que l’on a dans le sac depuis le départ. Je ne sais pas si c’est bactérien ou pas, mais je suis dans un tel état que je serais prête à boire de l’eau de javel pour tuer tous les germes (méthode John Rambo, soit, mais méthode quand même ;-) , pour toi Laurent ;-)). Ça fait déjà 5 jours qu’on est à Pokhara, ça fait 5 jours que tous les 2 jours on fait les sacs à dos pour aller faire notre trek. Maintenant IL FAUT que ça passe !

 

Ps 1 : Vous savez quelles sont les mises en garde sur les plaquettes de médicaments ici ? «  Si l’emballage est ouvert par des souris ou des rats, ne pas prendre ce médicament ». Edifiant !

 

Ps 2 : on a beaucoup de retard sur les réponses aux commentaires, j’en suis désolée, mais entre les coupures de courant journalière et le fait qu’on n’ai pas internet à l’hôtel, tout ça conjugué avec mon état, c’est pas évident... Promis dés qu’on peut on répond. Idem pour les mails auxquels on n’a pas encore répondu

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Published by Carole - dans Nepal
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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 05:30

Avant-dernière étape de notre périple (enfin, si nous obtenons notre visa chinois, suspense, suspense...), nous arrivons au Nepal avec des clichés plein la tête : on s'attend à une espèce de Suisse montagneuse, mâtinée de spiritualité à la balinaise, avec quand même, une petite influence indienne, sans oublier Maxime Leforestier fumant des joints en jouant de la guitare dans sa maison bleue adossée à la colline. Et puis surtout, la mythique chaine de l'HIMALAYA (voila encore un mot qui me fait rêver depuis tout petit, comme Galapagos, Machu Picchu, Ile de Pâques, lagon de Bora-Bora, baisse du dollar (ah non, c'est plus récent ça ;-)).

Autant vous le dire tout de suite, le Nepal est à la Suisse, ce que le Prince de Bel-Air est à la Reine Elizabeth II.


Dès l'atterrissage, c'est le choc !! Sortant de l'aéroport ultra-moderne de Hong-Kong, on arrive dans un aérogare qui ferait pitié à l'aérodrome de La-Teste-De-Buch. Des « trucs » rangés (« jetés » serait plus approprié) un peu partout, un éclairage au néon blafard (il est 22h30), un personnel des douanes équipé de stylos et tampons ultra-modernes... et c'est tout. A notre grande surprise, nous passons les formalités sans problème et récupérons TOUS nos bagages.


Quand on sort de l'aéroport, c'est le deuxième effet KISS COOL. Il y a une casse auto juste à la sortie ! Ah non, c'est le parking des taxis. Nous sommes harcelés par des chauffeurs de taxi et des commis d'hôtel, heureusement nous avons pensé à réserver une guesthouse qui vient nous récupérer. Soulagement quand je vois le papier « Mr Fabien ». Des « porteurs » essaient de nous alléger de 5 euros sous prétexte qu'ils nous ont arraché 2 sacs des mains a 12 cm de la voiture pour les mettre dans le coffre. Gonflé par 11 mois de voyage, je leur sors avec ma grosse voix « I'm Fabien the Traveller, I'm not a pigeon ! »


Sur la route, ce n'est pas mieux. Il fait nuit, il n'y a pas d'éclairage public (et pour cause !!) on ne voit pas bien ce qui se passe ni s'il faut rouler à droite ou à gauche, ça klaxonne dans tous les sens. Nous sommes tous surpris d'arriver sain et sauf à  la guesthouse et allons nous coucher sans demander notre reste.


Le lendemain matin, nous partons à la découverte de la capitale du Nepal où nous sommes logés à deux pas du quartier de Thamel, le quartier où vont tous les occidentaux, la vitrine citadine du Nepal. Et là, troisième effet Kiss Cool (oui oui, celui-là est particulièrement fort, il a trois effets). La circulation est complètement anarchique, la chaussée en plein centre-ville est complètement défoncée (ce qu'on ne peut pas dire des trottoirs, je dois bien le reconnaître, puisqu'il n'y en a pas !), les motos ont de grosses barres métalliques pour protéger les tibias de leurs conducteurs, et découper ceux des piétons. Marcher dans ces conditions relève de l'aventure, circuler a vélo du suicide ! Comble du comble, l'électricité (je rappelle que nous sommes au coeur de la capitale d'un pays) est coupée de 14h a 19h presque tous les jours, et parfois plus.


Nous mettons donc 3 bonnes journées à nous acclimater à ces conditions d'un autre âge (le Nepal est assurément le pays le plus en retard que nous ayons vus. Même le Laos et la Bolivie, qui partagent avec le Nepal l'absence de cote maritime semblent beaucoup plus évolués). Il nous reste donc une journée pour pleinement profiter de la richesse spirituelle principalement Hindou des népalais. Nous visitons Durbar Square à Katmandou et à Patan avec un guide francophone qui nous à donné quelques clés pour comprendre la culture népalaise. Nous en profitons pour acheter quelques souvenirs (salut Romuald !) tant l'artisanat népalais est riche, beau et peu cher.


Épuisés par ces 4 jours à Katmandou, nous nous éloignons vers Pokhara ou nous irons nous aérer dans la montagne, mais ça, c'est une autre histoire.


 

PS : Pour les photos, ce sera plus tard.

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